Comment réagir face à la drastique loi sur la sécurité imposée par Pékin à Hong Kong, depuis le 30 juin dernier ? L’affaire donne du fil à retordre aux Européens, qui voient leurs relations avec la Chine se dégrader, mais peinent à trouver la bonne posture commune à adopter face à ce géant géopolitique. "J’ai proposé que nous travaillions sur une approche coordonnée, avec un mélange d’actions au niveau de l’UE et au niveau des États membres", avait ainsi déclaré Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, le 13 juillet dernier. Dès lors, ce mardi soir, les Vingt-sept ont adopté, à travers une procédure écrite, une liste de dispositions visant à dénoncer la situation en cours à Hong Kong.

L’Union européenne va notamment limiter les exportations d’équipements utilisables pour la surveillance et la répression à Hong Kong. D’autres mesures visent par exemple à aider la population de l’ancienne colonie britannique et lui permettre de se rendre facilement en Europe grâce à l’octroi de visa, de bourses et d’échanges d’universitaires. "Notre message est double. Premièrement, aux habitants de Hong Kong, [nous avons exprimé] le soutien de l’UE à leur autonomie et à leurs libertés fondamentales. Nous continuerons à soutenir le peuple de Hong Kong", avait notamment promis M. Borrell, il y a deux semaines.

Un impact sur les relations avec la Chine

Et d’ajouter : "Pour la Chine, le message est que les récentes actions changent les règles. Cela nécessitera une révision de notre approche et aura clairement un impact sur nos relations." Ces mesures doivent "avoir un impact sur les exportations d’armes, y compris celles à double usage, civil et militaire. Nous considérons logique de traiter Hong Kong de la même manière que la Chine continentale", qui est déjà frappée par ce genre de mesures, avait également insisté le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas, dont le pays assure la présidence du Conseil de l’UE.

De son côté, la Chine a annoncé mardi la suspension d’accords d’extradition entre Hong Kong et trois pays occidentaux (Canada, Australie, Royaume-Uni), qui avaient critiqué l’imposition par Pékin d’une loi controversée sur la sécurité dans le territoire autonome. Cette mesure de rétorsion de Pékin semble largement symbolique, car ces États avaient déjà suspendu unilatéralement ces traités pour protester contre la nouvelle législation.