"Nous avons reçu communication hier de la mission permanente de la Birmanie, nous informant que l'ambassadeur adjoint, Tin Maung Naing, avait remis sa lettre de démission au ministère birman des Affaires étrangères en rappelant que Kyaw Moe Tun reste le représentant de la Birmanie aux Nations unies", a-t-il dit lors de son point-presse quotidien.

Samedi, la junte militaire birmane avait limogé ce dernier, au lendemain de son intervention devant l'Assemblée générale de l'ONU, au cours de laquelle il avait réclamé la fin du coup d'Etat déclenché le 1er février. Il avait achevé son plaidoyer envers le peuple birman, empreint d'émotion, dans sa langue et avec trois doigts levés, symbole de la protestation en Birmanie.


Lundi, le diplomate avait dénié au pouvoir militaire toute autorité de le limoger. Après la nomination de son numéro deux par la junte, l'ONU, embarrasée, avait souligné être confrontée à une situation très rare, s'en remettant à un organisme onusien chargé des accréditations pour trancher. Ce dernier pourrait en dernier ressort s'en remettre à un vote à majorité simple de l'Assemblée générale (193 pays) pour savoir qui représente la Birmanie à l'ONU.

La décision a une forte portée car elle revient à reconnaître ou non celui qui exerce le pouvoir en Birmanie. Depuis mardi, Kyaw Moe Tun a rencontré tous ses homologues de l'Union européenne et la représentante des Etats-Unis, qui ont tous réitéré leur soutien à un diplomate jugé "courageux" par de nombreux pays.