Depuis plusieurs semaines, des milliers de manifestants se rassemblent chaque samedi après le coucher du soleil pour dénoncer une mauvaise gestion de la crise du coronavirus et exiger la démission de Benjamin Netanyahu, poursuivi devant la justice pour corruption notamment.

Les manifestations ne s'essoufflent pas dans l'Etat hébreu, malgré l'accord de normalisation des relations entre Israël et les Émirats arabes unis, pourtant considéré dans le pays comme une avancée politique majeure de l'homme fort du Likoud.

Environ 10.000 Israéliens ont battu le pavé samedi soir à Jérusalem, tandis que d'autres faisaient le pied de grue devant la résidence privée du Premier ministre à Tel Aviv ou sur des ponts enjambant les autoroutes du pays.

"Toute personne ici présente prend part à un rassemblement illégal. Aucune manifestation ne sera tolérée. Tout fauteur de trouble sera arrêté", a lancé samedi soir, à l'aide d'un mégaphone, un policier aux manifestants de la capitale. "Nous n'abandonnerons pas jusqu'à ce que Bibi (le surnom de Benjamin Netanyahu, NDLR) démissionne", ont scandé en réponse ces derniers, drapeaux israéliens à la main.

Les protestataires reprochent notamment à M. Netanyahu d'avoir levé trop tôt les mesures de confinement décidées pour enrayer la propagation du nouveau coronavirus, ainsi qu'un manque d'anticipation d'une deuxième vague de l'épidémie. Le taux de chômage a ainsi bondi au-delà des 20% ces derniers mois, alors qu'il n'était qu'à 3,4% en février.

À ces motifs économiques s'ajoutent des griefs politiques. De nombreux manifestants estiment que le Premier ministre, inculpé pour corruption, fraude et abus de confiance dans trois affaires différentes, devrait faire un pas de côté, bien que la loi ne l'y oblige pas pour le moment.