Cette région semi-désertique d'environ 25 millions d'habitants a longtemps été frappée par des attentats attribués par Pékin à des séparatistes ou des islamistes. Elle fait l'objet depuis quelques années d'une ferme reprise en main.

Plus d'un million de musulmans, notamment des Ouïghours, sont ou ont été internés dans des camps du Xinjiang, selon Washington et des organisations internationales de défense des droits de l'Homme.

La Chine dément ce chiffre et affirme qu'il s'agit de centres de formation professionnelle, destinés à aider la population à trouver un emploi afin de l'éloigner de la tentation de l'extrémisme islamiste.

Depuis longtemps en première ligne sur le dossier, Washington a infligé jeudi des sanctions à l'encontre de plusieurs dirigeants chinois, accusés d'être liés à "de graves atteintes" aux droits de l'Homme au Xinjiang.

Les visas d'entrée aux Etats-Unis seront refusés à trois responsables et leurs familles, selon un communiqué du secrétaire d'Etat Mike Pompeo, pour des "mauvais traitements horribles et systématiques" à l'encontre des Ouïghours, mais aussi d'autres minorités.

"La Chine a décidé de prendre des mesures de réciprocité vis-à-vis des organisations et individus américains qui se sont mal comportés sur les questions relatives au Xinjiang", a réagi vendredi Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

"Cette initiative américaine s'ingère gravement dans les affaires intérieures de la Chine, enfreint les normes fondamentales des relations internationales et porte gravement atteinte aux relations sino-américaines", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse.

Parmi les personnes visées par les sanctions des Etats-Unis figure Chen Quanguo, le principal responsable du Parti communiste chinois (PCC) au Xinjiang. Il est considéré comme l'architecte de la politique sécuritaire de Pékin dans la région.

La Chine se félicite de l'absence d'attentats depuis l'arrivée en fonctions de M. Chen et la mise en place d'une surveillance omniprésente: contrôles d'identité, caméras de reconnaissance faciale ou encore barrages policiers.