Fraîchement élu à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD) japonais, Yoshihide Suga s’apprête à devenir Premier ministre de son pays. Élu avec 70 % des voix, il remplacera Shinzo Abe qui occupait ce poste depuis 2012, un nombre d’années record au Japon.

Dans la course à la présidence du PLD, Yoshihide Suga a sèchement battu Fumio Kishida, l’ancien ministre des Affaires étrangères et Shigeru Ishiba, ancien ministre de la Défense. Connu pour être un bourreau de travail, Yoshihide Suga s’inscrira dans la continuité de l’ex-Premier ministre, alors que ses adversaires proposaient davantage de changements. Ce fils d’un agriculteur a sans doute été avantagé par un scrutin marqué par la crise sanitaire et l’urgence d’avoir un remplaçant à Shinzo Abe. Ce scrutin n’a rassemblé que 534 votants, dont 394 parlementaires et 140 représentants du parti des différentes régions du pays.

Le futur Premier ministre japonais jouit d’une longue expérience dans la politique. D’abord conseiller municipal dans la ville de Yokohama, au sud de Tokyo, il devient député en 1996. Ce père de trois enfants a brièvement géré le portefeuille des Affaires intérieures et des Communications aux côtés de Shinzo Abe lors de son premier mandat, en 2006. Cette expérience ne dura pourtant qu’un an et s’arrêta lorsque le Premier ministre tomba malade. Yoshihide Suga, fidèle à Shinzo Abe, l’a ensuite soutenu lors de son retour sur le devant de la scène politique, en 2012.

Yoshihide Suga n’embrasse pas un rôle totalement inconnu. Homme de l’ombre derrière Shinzo Abe, il était jusqu’à présent le porte-parole du gouvernement sortant et le chef du cabinet de l’ex-Premier ministre, qui a démissionné à la fin du mois d’août, à nouveau pour des raisons de santé. À 71 ans, il devrait rester à la tête du gouvernement jusqu’aux prochaines élections, prévues en septembre 2021.

Durant son mandat, Yoshihide Suga devra se frotter à quelques dossiers épineux, mais sa priorité est l’économie du pays. La crise sanitaire a en effet eu des conséquences importantes sur une croissance économique déjà fortement ralentie.