Asie “Votre enfant est homo, réglez ça vous-même ou l’État s’en chargera.” Telles sont les paroles du président tchétchène Ramzan Kadirov. Des propos d'une homophobie et d'une violence incontestables, réutilisées sans détour dans le cadre d'un clip choc, publié ce samedi 3 août. Le spot vise à mettre le doigt sur les purges anti-homosexuels mises en oeuvre en Tchétchénie.

La vidéo, visionnée plusieurs centaines de milliers de fois, se veut "brute, brutale, radicale et intense, sans fioriture, ni effet artistique", a expliqué au Huffington Post David Coudyser, un comédien et réalisateur français qui a participé au projet. 

Le pitch du clip est le suivant: une scène de vie quotidienne, en France, dans un contexte similaire à celui vécu par la plupart des personnes homosexuelles en Tchétchénie. Un jeune homme, sa soeur, sa mère et son père se situent à l'intérieur d'un appartement. Des sirènes retentissent. Ils savent ce qui les attend. Le père dit à sa fille d'aller chercher son frère, et dégaine une arme. Cris, larmes, vision d'horreur pour la petite famille: le père pointe un fusil sur la tempe de son fils au beau milieu de la maisonnée. "On n'a pas le choix, ils arrivent", se justifie le père. Sirènes et gyrophares retentissent, et les policiers finissent par entrer: c'est la fin. Le clip se conclut par cette phrase: "Ceci est une fiction. Mais une réalité ailleurs."

En Tchétchénie, les personnes LGBTQ+ sont qualifiées de "démons" par les autorités en place. Des camps de concentration pour les homosexuels, révélés par le quotidien Novaïa Gazeta, ont vu le jour en 2017, dans lesquels ceux-ci sont emprisonnés et torturés.