Un boycott est mis sur pied après l’offensive d’Ankara en Syrie.

En solidarité avec les Kurdes de Syrie confrontés à l’offensive d’Ankara et de ses supplétifs syriens, de nombreux Kurdes d’Irak boycottent désormais les produits venus de Turquie, premier exportateur dans le pays.

Fruits, seaux en plastique, yaourts ou produits cosmétiques, l’Irak importe chaque année pour huit milliards de dollars de biens turcs, qui transitent tous par le Kurdistan autonome.

Mais depuis le lancement le 9 octobre d’une opération militaire turque dans le nord de la Syrie, plus de 12 000 Kurdes ont quitté cette zone pour se réfugier dans des camps du Kurdistan irakien, laissant derrière eux des dizaines de morts.

"On ne peut pas aller au front combattre les Turcs avec des armes, alors notre arme à nous, c’est le boycott des produits turcs", explique Hamid Banye, célèbre chanteur kurde irakien qui a lancé avec d’autres cette campagne. "On va toucher un maximum de monde et comme ça, on portera le coup de grâce à l’économie turque", veut croire celui qui appelle aussi à ne plus regarder de films turcs ou écouter des chansons du pays du Bosphore.

La campagne de boycott a reçu le soutien des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui ont instauré une semi-autonomie kurde dans le nord-est de la Syrie, en guerre depuis 2011.

Au niveau politique, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) au pouvoir à Erbil entretient de forts liens économiques et politiques avec Ankara alors que son rival l’Union patriotique du Kurdistan (UPK), dont Souleimaniyeh est le bastion, s’oppose à la Turquie.