L'Union européenne va débloquer une aide d'urgence de 170 millions d'euros pour faire face à la situation humanitaire en Syrie, a déclaré mercredi un haut responsable européen en déplacement en Turquie. 

"Nous avons annoncé une aide humanitaire supplémentaire de 170 millions d'euros pour continuer d'aider les personnes les plus vulnérables en Syrie", a indiqué le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell lors d'une conférence de presse à Ankara où il a rencontré plusieurs responsables turcs, avec le commissaire à la gestion des crises Janez Lenarcic. Sur cette somme, "60 millions d'euros seront consacrés en particulier à la crise humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie", a-t-il ajouté.

La visite de Josep Borrell et Janez Lenarcic intervenait quelques jours après l'annonce par la Turquie qu'elle ouvrait ses frontières avec l'Europe pour laisser passer les migrants. Depuis cette annonce, des dizaines de milliers de migrants se sont massées à la frontière grecque.

Mercredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que si l'Europe voulait résoudre la crise migratoire, elle devait apporter son soutien à Ankara en Syrie. La situation humanitaire dans la région d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, est devenue catastrophique depuis que le régime de Bachar al-Assad a lancé, en décembre, une offensive d'envergure pour reprendre ce dernier bastion rebelle et djihadiste. Près d'un million de personnes fuyant les violences se sont déplacées vers la frontière de la Turquie, pays qui accueille déjà plus de 3,6 millions de Syriens et refuse d'en accepter davantage.

Le chef de la diplomatie européenne a souligné mercredi, après avoir rencontré entre autres le ministre des Affaires étrangères turc Mevlüt Çavusoglu, que l'Europe est prête à envisager de travailler avec la Turquie sur la situation humanitaire criante dans la région d'Idleb, où la Turquie elle-même est présente aux côtés des rebelles. "Nous avons un intérêt commun, qui est de mettre un terme au conflit en Syrie", a souligné l'Espagnol. "C'est seulement de cette manière que nous serons capables d'arrêter les souffrances de la population civile et de contribuer à gérer les défis auxquels la Turquie fait face actuellement. Une pression accrue à la frontière Turquie-UE et des actions unilatérales n'apportent pas de réponse", a-t-il estimé.

Aussi bien Borrell que Lenarcic ont insisté auprès des responsables turcs sur leurs attentes qu'Ankara respecte à nouveau l'accord migratoire conclu il y a plusieurs années, et cesse d'encourager les déplacements vers la Grèce comme elle l'a fait ces derniers jours.