L'émissaire spécial de l'ONU pour la Syrie a fait part vendredi de sa satisfaction à l'issue de la première réunion plénière du Comité constitutionnel syrien, malgré les "profondes différences" existant entre le gouvernement de Damas et l'opposition. Geir Pedersen s'est notamment dit "très impressionné" par le fait que les 150 représentants du gouvernement, de l'opposition et de la société civile aient accepté pour la première fois de s'asseoir ensemble et de se parler au cours des deux jours de pourparlers au Palais des Nations, siège de l'ONU à Genève.

Le Comité constitutionnel, placé sous l'égide des Nations unies, est chargé de réformer, la Constitution de 2012, en préparation à des élections. "Nous savons tous bien sûr qu'après huit ans et demi de conflit, il existe de profondes différences, beaucoup de suspicion, un manque de confiance", a dit M. Pedersen devant les journalistes.

"Mais le fait que 150 Syriens se soient assis ensemble, se soient respectés, aient discuté selon l'ordre du jour qu'ils ont accepté sur l'avenir de la Syrie, je pense que c'était tout à fait impressionnant." L'émissaire a répété que ce comité était "un processus syrien, dirigé par des Syriens".

Après cette première session plénière, ce sera dès lundi au tour d'un comité restreint de 45 membres, répartis à égalité entre les trois composantes, d'entrer dans le détail des discussions sur la Constitution.

Aucune date limite n'a été fixée pour ces négociations. Selon M. Pedersen, l'objectif est de parvenir à un consensus sur toutes les questions soulevées et tout changement devra être adopté par au moins 75% des voix.

La révision de la Constitution figure en bonne place dans la résolution 2254, adoptée en décembre 2015 par le Conseil de sécurité, qui prévoit également l'organisation d'élections sous la supervision de l'ONU.

Les experts soulignent que le président syrien Bachar al-Assad - dont les forces armées soutenues par la Russie ont remporté des victoires majeures contre l'opposition sur le terrain - n'a pas grand chose à perdre dans ces pourparlers dont il pourra se désengager à tout moment.