En tout, le gouvernement américain vise 14 nouvelles entités et personnes, après une première vague de sanctions annoncées mi-juin lors de l'entrée en vigueur de la "loi César", avec l'espoir de priver de ressources le régime et ses soutiens.

"Nous avons désormais inscrit sur liste noire plus de 50 soutiens-clés de Bachar al-Assad et leurs entreprises ainsi que certaines organisations militaires qui martyrisent le peuple syrien", a dit un haut responsable du gouvernement américain à la presse.

Le jeune Hafez al-Assad --il porte le prénom de son grand-père qui dirigea la Syrie jusqu'à sa mort en 2000-- ne pourra pas se rendre aux Etats-Unis, où ses avoirs éventuels seront gelés.

Il rejoint sa mère Asma al-Assad, ajoutée en juin à la liste noire.

Le président syrien est lui sanctionné par Washington depuis le début en 2011 de la répression visant à mater un mouvement de révolte populaire, qui a rapidement abouti à une guerre dévastatrice ayant fait plus de 380.000 morts et des millions de réfugiés.

Un des émissaires américains pour la Syrie, Joel Rayburn, a évoqué "une montée en puissance" du fils de Bachar al-Assad au sein de la famille.

De manière plus générale, "on a constaté une tendance, parmi les acteurs importants du régime syrien", "à utiliser les enfants majeurs de leur famille pour poursuivre les affaires tout en contournant les sanctions", a-t-il ajouté à des journalistes.

L'armée et le luxe

"L'objectif des sanctions est de tenter d'empêcher le régime Assad de consolider le contrôle économique qu'il utilise pour pérenniser la guerre", a-t-il poursuivi.

Au-delà, les nouvelles sanctions visent aussi la première division de l'armée syrienne et son commandant Zouheir Taoufiq al-Assad.

"L'armée du régime Assad est devenue le symbole de la brutalité, de la répression et de la corruption", a déploré Mike Pompeo dans un communiqué, appelant à mettre "fin" à cette guerre "inutile et brutale".

Le Trésor américain a de son côté sanctionné l'homme d'affaires syrien Wassim Anouar al-Qattan, "qui a conclu plusieurs contrats avec le gouvernement de Syrie pour développer des centres commerciaux et des hôtels détenus par l'Etat à Damas".

"En investissant dans l'immobilier de luxe grâce au déplacement forcé de civils innocents, les hommes d'affaires corrompus liés à Assad aggravent aussi l'oppression du peuple syrien", a estimé le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin dans un autre communiqué.

La "loi César" a été promulguée en décembre par le président des Etats-Unis Donald Trump.

César est le pseudonyme d'un ex-photographe de la police militaire syrienne qui a fait défection en 2013 en emportant 55.000 images illustrant la brutalité et les abus dans les prisons syriennes.

Son audition, incognito, devant le Congrès américain en 2014 avait été à l'origine de ce texte qui porte son nom et qui aura mis cinq ans à voir le jour.

La loi prévoit d'interdire d'entrée aux Etats-Unis et de barrer l'accès au système financier américain à toute personne, institution ou entreprise qui ferait obstacle à la paix en Syrie, ou qui faciliterait logistiquement l'effort de guerre de Damas.