Les autorités chinoises ont arrêté lundi un éminent professeur qui avait publié plusieurs textes critiques contre le président Xi Jinping et son rôle supposé dans l'épidémie de Covid-19, selon plusieurs proches. Employé par la prestigieuse université Tsinghua à Pékin, Xu Zhangrun est l'un des rares universitaires à oser critiquer ouvertement le Parti communiste chinois (PCC) au pouvoir.

Ce professeur de droit a été interpellé à son domicile en banlieue de la capitale par plus de 20 personnes, a indiqué l'un de ses amis qui a demandé l'anonymat par peur d'éventuelles représailles.

Xu Zhangrun avait fait publier début 2020 un recueil de ses textes à Hong Kong. Il y critiquait ce qu'il présentait comme un accaparement du pouvoir par Xi Jinping depuis son arrivée aux affaires fin 2012.

Le professeur a également écrit en février un article dénonçant la culture de la mise en scène et de la censure encouragée par le président, laquelle aurait contribué à la propagation du Covid-19 dans le pays.

En 2018, Xu Zhangrun avait aussi dénoncé sur internet l'abolition par le Parlement chinois de la limite de deux mandats présidentiels. Un changement constitutionnel qui permet à Xi Jinping de se maintenir au pouvoir sans limite de temps.

La femme du professeur a reçu lundi un appel d'une personne se présentant comme un policier et justifiant l'arrestation de son mari par le fait qu'il aurait eu recours aux services d'une prostituée lors d'un déplacement à Chengdu (sud-ouest), a déclaré un proche à l'AFP.

Xu Zhangrun s'est rendu dans cette grande ville il y a quelques mois avec plusieurs universitaires libéraux, a indiqué cet ami, qualifiant les allégations visant l'écrivain de "ridicules et basses".

Interrogées, l'université Tsinghua et la police de Pékin n'avaient pas répondu lundi dans l'immédiat à des demandes de commentaires de l'AFP.

De nombreux professeurs officiant dans les universités chinoises disent avoir constaté un renforcement du contrôle idéologique et une baisse de la liberté de ton depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping.