L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont désavoué les séparatistes.

La guerre au Yémen continue de charrier son lot d’incertitudes, sécuritaires, sanitaires, politiques. Après la déclaration d’autonomie des séparatistes du Sud le week-end dernier, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a rejeté, sans surprise, la déclaration d’autonomie des séparatistes du sud du Yémen et exigé "la fin de toute action entraînant une escalade" du conflit dans ce pays exsangue de la péninsule arabique, où la majorité de la population a besoin d’une aide humanitaire.

"À la suite de l’annonce surprenante […] du Conseil de transition du Sud (STC, séparatistes), nous insistons à nouveau sur la nécessité de mettre en œuvre rapidement l’accord de Riyad", a réagi lundi cette coalition militaire qui appuie depuis cinq ans le gouvernement yéménite légitime. Le STC a justifié sa déclaration d’autonomie en accusant le gouvernement de ne pas remplir sa part du contrat et de "conspirer" contre la cause sudiste.

La décision des séparatistes du Sud, qui assurent notamment le contrôle sécuritaire de la grande ville portuaire d’Aden, complique le conflit mené par la coalition au côté du gouvernement reconnu internationalement contre les rebelles Houthis, qui contrôlent une grande partie du Nord dont la capitale Sanaa.

Les Émirats arabes unis, à la fois membre majeur de la coalition et soutien traditionnel des séparatistes, ont également désavoué cette déclaration et exprimé leur confiance en l’Arabie saoudite.

Un accord de partage du pouvoir entre le gouvernement yéménite et les séparatistes sudistes avait été signé en novembre dernier dans la capitale saoudienne, permettant d’étouffer une bataille (appelée "guerre civile dans la guerre civile") qui les avait vus prendre le contrôle d’Aden, la deuxième ville du pays. En réaction, la coalition a affirmé qu’elle avait pris et continuerait de prendre "des mesures pratiques et systématiques pour mettre en œuvre l’accord de Riyad […], afin d’unifier les rangs yéménites, de restaurer les institutions de l’État et de combattre le fléau du terrorisme".