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Une dizaine de suspects ont été interpellés depuis l'assassinat de deux journalistes de Radio France Internationale (RFI) samedi à Kidal, dans le nord-est du Mali, a appris lundi l'AFP auprès de la gendarmerie malienne, ce qu'a démenti Paris en parlant "d'opérations en cours".

"Une dizaine de suspects ont été interpellés dans la région de Kidal, après l'assassinat des deux journalistes" de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, a indiqué une source à la gendarmerie de Gao, la grande ville du nord du Mali. "Nous commençons à avoir des éléments à ne pas négliger", a-t-elle ajouté.

Selon cette source, "les services maliens et français travaillent ensemble" dans la traque des assassins des deux journalistes qui avaient été enlevés à Kidal peu avant d'être tués à une dizaine de kilomètres de la ville.

A Paris, l'entourage du ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a démenti qu'il y ait eu des interpellations: "Pour nous, France et Serval, (nom de l'opération militaire française au Mali), aucune arrestation".

Mais les militaires français disposent "d'indications permettant de remonter la trace" des meurtriers des deux reporters français, selon une source proche de M. Le Drian.

Selon le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, interrogé par la radio RTL à Paris, des "opérations pour identifier un certain nombre de personnes dans des campements" ont été lancées dimanche et étaient toujours "en cours" lundi.

Les corps de Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été ramenés de Kidal (1.500 km au nord-est de Bamako), via Gao, par un avion militaire français dimanche soir à l'aéroport à Bamako. Leur rapatriement en France devait être organisé au plus tôt lundi.

Président  Keïta: "Nous ferons tout pour retrouver les coupables"

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a affirmé lundi que "tout" sera fait "pour retrouver les coupables" de l'assassinat à Kidal (nord du Mali) de deux journalistes de Radio France Internationale (RFI).

"Nous ferons tout pour retrouver les coupables", a déclaré le chef de l'Etat en recevant à Bamako des membres de la direction de RFI. "Aujourd'hui même, nous avons ouvert une enquête judiciaire sur ces assassinats et ce soir des enquêteurs français sont attendus ici pour travailler main dans la main avec leurs collègues maliens", a-t-il ajouté.

"Nous partageons le choc, nous aussi nous sommes submergés par l'émotion" provoquée par l'assassinat des deux journalistes, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, a-t-il affirmé, ajoutant: "RFI dans notre pays a non seulement des auditeurs, mais des membres d'une même famille".

Il a annoncé qu'il assisterait lundi soir à une cérémonie en l'honneur des deux journalistes pour "s'incliner sur (leurs) dépouilles" et qu'il les décorerait à titre posthume au nom du Mali.

Evoquant la situation à Kidal, à plus de 1.500 kilomètres au nord-est de Bamako, où les journalistes ont été tués juste après avoir été enlevés, le président malien a déclaré: dans cette ville, "nos forces de sécurité sont confinées, l'arme au pied, Kidal échappe aujourd'hui à notre contrôle". "Il faut que la souveraineté du Mali sur Kidal soit une réalité (...), je veux que tout le monde prenne ses responsabilités", a-t-il dit.

Des opérations étaient en cours au Mali pour retrouver au plus vite les assassins des deux journalistes.

Les corps de Ghislaine Dupont, 57 ans, et de Claude Verlon, 55 ans, ont été ramenés dimanche de Kidal à Bamako, via Gao (au sud de Kidal), par un avion militaire français.

Des membres de la direction de RFI se trouvent depuis dimanche soir dans la capitale malienne pour organiser leur rapatriement en France, au plus tôt lundi.