L'assaut contre un appartement dans le centre-ville de Saint-Denis s'est terminé à 11h30 et aura duré près de 7 heures.

François Molins, procureur de la République de Paris, a déclaré que le raid mené ce mercredi matin était dirigé contre trois appartements. "La charge explosive visant à faire exploser la porte blindée n'a pas été efficace, ce qui a permis aux terroristes de riposter". Le procureur a rappelé qu'il y avait "au moins deux morts" mais que "pour l'instant, les identifications étaient délicates en raison de l'état des corps".

Abdelhamid Abaaoud et Salah Abdeslam ne font pas partie des personnes actuellement en garde à vue (une femme et sept hommes). Toutefois, il est impossible de savoir s'ils ont été tués au cours de l'assaut ou s'ils sont toujours en fuite. Cinq policiers ont été blessés dans l'opération.

Le procureur a également souligné que les trois voitures des terroristes sont arrivées à Paris en convoi depuis la Belgique.


La kamikaze est bel et bien la cousine d'Abdelhamid Abaaoud

La femme qui s'est fait exploser ce matin, lors de l'assaut de Saint-Denis près de Paris, est une cousine maternelle d'Abdelhamid Abaaoud, indique une source officielle marocaine à “La Libre Belgique”. Son nom est Hasna Aitboulahcen, née le 12 août 1989 en France.

Abdelhamid Abaaoud, un Belgo-Marocain membre de l'Etat islamique, est soupçonné d'être l'inspirateur des attentats de Paris.


Un attentat évité

Les djihadistes présumés contre lesquels les forces de l'ordre ont donné l'assaut projetaient un attentat dans le quartier d'affaires de La Défense, selon une source proche de l'enquête. "Les forces de l'ordre recherchaient des terroristes qui préparaient un acte prochain sur la base d'informations de la SDAT (les services antiterroristes, ndlr) et de l'étranger", a déclaré cette source à l'agence de presse Reuters. "C'est une nouvelle équipe qui projetait un attentat à La Défense".

Selon les premières déclarations du procureur de Paris, c'est la téléphonie qui a permis de mettre les autorités sur cette piste. Les investigations ont permis depuis vendredi "d'obtenir par la téléphonie, la surveillance et des témoignages des éléments qui pouvaient laisser penser que le nommé Abaaoud était susceptible de se trouver dans un appartement conspiratif à Saint-Denis", a précisé M. Molins.


Une opération de grande envergure

Une cinquantaine de militaires ont été déployés sur place, ont rapporté des journalistes de l'AFP. Ils se sont postés à l'entrée du périmètre de sécurité le long des vitrines des magasins, fusils d'assaut à la main, portant gilets pare-balles et casques. De fortes détonations ont été entendues vers 7h30, trois heures après le début de l'opération ponctuée d'intenses échanges de tirs.

Les autorités ont demandé "à la population d'éviter absolument la zone du centre-ville", selon les mêmes sources.

>>> Des voisins témoignent <<<






Interpellation d'un homme qui dit avoir prêté à des personnes venant de Belgique l'appartement

Un homme qui dit avoir hébergé deux personnes "qui venaient de Belgique" dans l'appartement de Saint-Denis, au nord de Paris, visé par un assaut antiterroriste, a été interpellé par les policiers, a constaté une journaliste de l'AFP.

>>> Son témoignage complet ici (vidéo) <<<


Fermeture à Saint-Denis des écoles et collèges du centre-ville

Suite aux opérations, les établissements scolaires, écoles et collèges, n'ouvriront pas mercredi dans le centre-ville de Saint-Denis, ont annoncé les autorités locales à l'AFP.

Il est demandé "à la population d'éviter absolument la zone du centre-ville", selon les mêmes sources. Tous les métros, bus et tramways desservant Saint-Denis étaient à l'arrêt en raison de l'intervention policière antiterroriste en cours, selon la régie des transports RATP.


Plus de 100 perquisitions en France la nuit dernière, 25 gardes à vue et 34 armes saisies

Au total, 118 nouvelles perquisitions ont été menées sur l'ensemble du territoire français durant la nuit de mardi à mercredi. Vingt-cinq personnes ont été placées en garde à vue à la suite de 29 interpellations et 34 armes ont été saisies, a annoncé le ministère de l'Intérieur ans un communiqué mercredi après-midi. En trois nuits, 414 perquisitions ont été menées, 60 personnes ont été placées en garde à vue à la suite de 64 interpellations et 75 armes ont été saisies dont 11 armes de guerre, 33 armes longues et 31 armes de poing. Au total, 118 assignations à résidence ont également été prononcées.

Les opérations vont se poursuivre, précise le ministère de l'Intérieur.

La séance de questions au gouvernement s'est ouverte mercredi après-midi dans un climat nettement plus serein que la veille. L'ensemble de l'Assemblée nationale a longuement applaudi les forces de l'ordre avant le début des questions.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a répété devant la représentation nationale le bilan de l'opération de mercredi à Saint-Denis. L'opération a fait "deux morts, et peut-être davantage", a-t-il souligné. "Les arrestations ont été conduites à l'égard de personnes qui auraient pu frapper de nouveau."

Les hommes de la BRI et du Raid n'avaient jamais eu affaire à une telle violence, a-t-il ajouté.


Suède: un homme recherché pour "préparation d'acte terroriste" (police)


Un homme suspecté de "préparation d'acte terroriste" était recherché mercredi par toutes les polices de Suède, où le niveau d'alerte contre le risque d'attentats a été relevé d'un cran, ont annoncé les services de sécurité.

Cet homme dont l'identité n'a pas été révélée fait l'objet d'un "mandat d'arrêt dans le cadre d'une enquête ouverte pour préparation d'acte terrtoriste", a indiqué le chef des services de renseignement intérieur et du contreterrorisme, Anders Thornberg, au cours d'une conférence de presse. Aucun lien n'est établi pour l'heure avec les attentats du 13 novembre à Paris, a-t-il ajouté.