La justice française a délivré un mandat d'arrêt à l'encontre d'un Marocain lié au djihadiste Abdelhamid Abaaoud, donneur d'ordre présumé de l'attaque d'un train Thalys en août 2015, trois mois avant sa participation aux attentats parisiens de novembre, a appris lundi l'AFP de source proche du dossier. Détenu depuis fin 2016 en Allemagne, Redouane Sebbar, 25 ans, est soupçonné d'avoir participé à "la préparation de l'attentat" du Thalys le 21 août 2015 où plane l'ombre omniprésente d'Abdelhamid Abaaoud, selon cette source.

Ce jour-là, un autre Marocain, Ayoub El Khazzani, avait ouvert le feu dans le train peu avant son entrée en France, blessant deux passagers avant d'être maîtrisé par des militaires américains en vacances.

Le tireur, qui avait rejoint les rangs du groupe État islamique en Syrie, a affirmé au juge en décembre 2016 qu'il avait agi sur les ordres du djihadiste belgo-marocain Abdelhamid Abaaoud, futur coordinateur des commandos parisiens du 13 novembre 2015, mort trois jours plus tard dans un assaut de la police.

Les juges antiterroristes parisiens ont délivré le 13 juillet un mandat d'arrêt international à l'encontre de Redouane Sebbar, pour "association de malfaiteurs terroriste" et "complicité de tentative d'assassinats terroristes" en vue de sa remise à la France et de son inculpation.

D'après des investigations allemandes dont a eu connaissance l'AFP, Sebbar est considéré comme un membre du "cercle fermé" d'Abaaoud dont il a partagé certains voyages en Europe. Il est soupçonné d'avoir eu connaissance des projets d'attentats du djihadiste, en particulier lorsque ce dernier téléguidait la cellule de Verviers (Belgique) démantelée en janvier 2015.

Le suspect est dans le viseur des juges français en raison notamment d'un aller-retour éclair en Thalys entre Paris et Bruxelles cinq jours avant l'attaque.

Dans cette enquête, outre le tireur, un autre suspect, Bilal Chatra, est écroué en France depuis avril. Au retour de Syrie, il est soupçonné d'avoir joué un rôle d'éclaireur en donnant des indications à Abaaoud et El Khazzani pour s'infiltrer en Europe par la route des migrants.