Une puissante explosion est survenue ce mardi matin dans le quartier touristique de Sultanahmet, près de la basilique Sainte-Sophie et de la Mosquée bleue, à Istanbul. Au moins 9 des 10 personnes tuées sont des ressortissants allemands. On en sait plus sur l'identité de l'auteur.

L'auteur de l'attentat est un djihadiste du groupe Etat islamique, un Syrien né en 1988 et entré récemment en Turquie.

Plus tôt, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait parlé d'un attentant-suicide et affirmé que l’explosion était sans doute l'oeuvre d'un kamikaze syrien. Plusieurs témoins avaient en effet vu un kamikaze se faire exploser.


Huit Allemands tués et neuf autres blessés

Huit Allemands figurent parmi les dix personnes tuées et neuf autres ont été grièvement blessés, a annoncé le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier.

Sous couvert d'anonymat, un responsable turc avait auparavant annoncé "au moins neuf" Allemands décédés, et le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, avait téléphoné à la chancelière allemande, Angela Merkel, pour lui présenter ses condoléances.

"Nous ne nous laisserons pas intimider par le meurtre et la terreur", a poursuivi M. Steinmeier, sans reprendre à son compte les déclarations d'Ankara attribuant l'attentat au groupe jihadiste Etat islamique (EI).


Des victimes allemandes à Istanbul avec un voyagiste berlinois

Une partie des Allemands tués et blessés mardi participaient à un déplacement organisé par un voyagiste berlinois, la société Lebenslust Touristik, a annoncé la société.

"Par ailleurs, il est à craindre qu'il y ait un nombre encore plus grand de membres du groupe qui aient été blessés", a-t-elle ajouté, car "au moment de l'attentat, 33 personnes se trouvaient à Istanbul" avec le voyagiste berlinois.

"Les événements terribles de la journée nous affectent profondément", a indiqué le directeur de la société - dont le nom signifie "joie de vivre" en français ,- Marco Scherer. Deux responsables du voyagiste ainsi qu'une équipe logistique de trois personnes sont en route pour Istanbul afin d'aider les clients et blessés dans leurs démarches.


Rien n'indique que des victimes belges sont à déplorer

Le service public fédéral des Affaires étrangères n'a pour l'heure aucune information sur la présence éventuelle de Belges parmi les victimes. Le porte-parole du SPF Affaires étrangères, Didier Vanderhasselt, a souligné qu'il n'y avait pour le moment aucun bilan définitif de l'attentat. Il recommande aux voyageurs belges de "scrupuleusement suivre les instructions de sécurité des autorités locales". Si l'avis de voyage n'a, à l'heure actuelle, pas été modifié, une vigilance accrue reste recommandée. Les voyageurs sont priés d'éviter les rassemblements populaires et les voyages dans l'est du pays sont fortement déconseillés.

Les tour-opérateurs Thomas Cook et Jetair ont fait savoir à l'agence Belga qu'en raison de la basse saison, un nombre limité de clients se trouvent actuellement dans la métropole turque. Thomas Cook dénombre 5 voyageurs, Jetair quant à lui en compte deux. "Et ils sont tous sains et saufs", ont indiqué les porte-parole des tour-opérateurs.

© IPM


"Une violente explosion" entendue très loin

De nombreuses ambulances et d'importants effectifs de police sont rapidement arrivés sur place. "Nous prenons des précautions, par crainte d'une deuxième explosion", a dit un agent de police, qui faisait évacuer les personnes présentes sur la place.

© REPORTERS

Des témoins cités par la chaîne CNN-Türk ont parlé d'une "violente explosion qui a été entendue depuis des districts avoisinants". La détonation a été entendue et ressentie à 10h18 locales (8h18 GMT) jusqu'à la place Taksim, à plusieurs kilomètres de distance de Sultanahmet, a confirmé à l'AFP un témoin qui se trouvait sur place.

Un pays en état d'alerte

La Turquie vit depuis plusieurs mois en état d'alerte depuis le double attentat suicide qui a fait 103 morts le 10 octobre devant la gare centrale d'Ankara. Cette attaque, la plus meurtrière jamais survenue sur le sol turc, a été attribuée par les autorités au groupe djihadiste Etat islamique (EI).

En janvier 2015, une kamikaze s'était fait exploser devant un poste de police sur le même site de Sultanahmet, blessant deux policiers. L'attaque avait été attribuée à une organisation d'extrême-gauche, le Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), qui a commis plusieurs attentats ces dernières anées.

Le 23 décembre, l'aéroport Sabiha Gökçen, sur la rive asiatique de la plus grande ville de Turquie, a également été la cible d'une attaque au mortier qui a fait 1 mort et 1 blessé.

Une organisation armée kurde, le groupe des Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK) avait revendiqué l'opération en riposte aux "attaques fascistes qui réduisent en ruines les villes kurdes".

Après plus de deux ans de cessez-le-feu, des combats meurtriers ont repris depuis l'été entre les forces de sécurité turques et les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces affrontements ont fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés en 2012 pour mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.