Il faut sanctionner les sanctuaires des réseaux sociaux où prolifère le terrorisme." La première ministre britannique Theresa May, dans son allocution dimanche, a pointé du doigt la responsabilité des géants de l’Internet dans la diffusion des messages de haines et leur utilisation par les réseaux terroristes. L’accusation n’est pas neuve. Theresa May n’a toutefois apporté aucun élément tangible démontrant que les attaquants du 3 juin auraient utilisé un service en ligne pour s’organiser ou que leur éventuelle radicalisation en découlerait.

Depuis 2014, les réseaux sociaux ont fait l’objet d’accusations répétées - parfois justifiées - pour leur laxisme dans le contrôle des contenus de propagande terroriste. Après les attentats de Bruxelles, en mars 2016, et celui de Nice, en juillet 2016, ils ont revu leur politique. Durant le dernier semestre 2016, Twitter a supprimé 376 000 comptes violant ses conditions d’utilisation en rapport avec le terrorisme ou les appels à la haine. YouTube supprime désormais tout contenu et tout compte suspect de propagande terroriste. Mais le défi est énorme : rien que sur YouTube, quatre cents heures de vidéos sont téléchargées chaque minute…

Réagissant sur CNN aux propos de Mme May, le directeur de Facebook Simon Milner a affirmé dimanche vouloir créer "un environnement hostile" au terrorisme. Le réseau social serait même disposé à collaborer avec les autorités en cas de soupçons d’attaque à venir. Mais cela ne fait que déplacer le problème. Selon le directeur d’Europol, Rob Wainwright, les terroristes utilisent désormais d’autres plateformes, comme Telegram, où les messages sont cryptés. La régulation des réseaux sociaux se double aussi d’un débat sur la protection de la liberté d’expression, fondement des Etats démocratiques. Point positif, relevé à Londres : les utilisateurs des réseaux sociaux ont fait preuve de responsabilité, en évitant de diffuser des images choquantes, des informations non vérifiées ou des précisions sur les actions des forces de l’ordre.