La police britannique reprend ses échanges d'informations relatives à l'enquête sur l'attentat de Manchester avec les services de renseignement américains. Après une polémique sur des fuites de nature à avoir nui aux investigations, les Britanniques ont obtenu des garanties de la part de leurs partenaires outre-Atlantique, rapportent les médias locaux vendredi. La police britannique avait encore affirmé, jeudi, ne plus vouloir partager d'informations avec les autorités américaines sur l'attentat-suicide perpétré lundi à Manchester, qui a fait 22 morts et 59 blessés.

Exaspérée par des fuites dans les médias américains, la Première ministre Theresa May a évoqué la question avec Donald Trump en marge du sommet de l'Otan à Bruxelles jeudi, afin que les informations échangées entre services de renseignement restent "confidentielles".

Le président américain a immédiatement fait savoir dans un communiqué qu'il voulait "poursuivre" les auteurs de ces fuites, réaffirmant la "relation spéciale" des Etats-Unis avec le Royaume-Uni.

Des images de la police britannique reproduites par le New York Times avaient notamment montré un détonateur que le kamikaze - mort dans l'explosion - aurait tenu dans sa main gauche, des morceaux de métal et des vis jonchant le sol taché de sang, ainsi que des fragments d'un sac à dos bleu déchiqueté.

Le nom de l'auteur, Salman Abedi, avait également été divulgué dans la presse américaine, alors que les autorités britanniques ne souhaitaient pas encore le révéler publiquement.

"Nous avons obtenu des garanties supplémentaires de nos partenaires américains sur la confidentialité des informations", a affirmé le commandant de l'antiterrorisme, Mark Rowley, cité par The Guardian. Les enquêteurs britanniques ont dès lors repris les échanges d'informations sur l'investigation avec les services de renseignement des Etats-Unis et continuent de collaborer avec ceux de l'Australie, du Canada et de la Nouvelle-Zélande dans le cadre de l'Alliance des "Five eyes", a-t-il poursuivi.