International Ce 13 novembre marque le triste anniversaire des attentats du Bataclan à Paris. Deux ans après le drame, comment les victimes arrivent-elles à remonter la pente ?

Les souvenirs restent-ils intacts ?

Pour Francis Eustache, interrogé par le Huffington Post, le souvenir de cette soirée s'altérera au fil du temps comme "n'importe quel autre". Selon le neurologue spécialiste de la mémoire, "Chez des personnes ayant été exposées à un événement traumatique, des souvenirs intrusifs peuvent resurgir à l'esprit de façon involontaire et provoquer des sensations angoissantes".

En compagnie de l'historien Denis Pechanski, ils réalisent une étude baptisée "Remember". Entre 2016 et 2021, 216 volontaires, dont 122 étaient directement exposés aux attentats et 94 Caennais, passent des examens médicaux récurrents. L'objectif est de voir comment le cerveau et les souvenirs évoluent avec le temps. Les deux chercheurs souhaitent identifier "l'évolution des symptômes du Trouble de stress post-traumatique, mais aussi de comprendre comment certaines personnes réussissent plus que d'autres à surmonter ce traumatisme".

L'hypnose, un moyen de surmonter l'épreuve ?

Philippe Aïm, psychiatre et psychothérapeute, pense qu'une thérapie peut aider le patient à transformer un traumatisme en souvenir. "Quand un patient vient consulter suite à un événement traumatique, il nous raconte en général qu'une partie du souvenir lui revient sans cesse, sous forme de cauchemar ou de 'flash-back'", déclare-t-il dans une chronique au Huffington Post.

Selon lui, la souffrance ressentie est liée à cet instant plus à sa manifestation "envahissante" dans le présent plutôt qu'à l'événement passé. "En somme, on n'est pas malade de son passé, mais malade de son souvenir." Pour le spécialiste, l'hypnose permet de réorganiser l'édifice intérieur, elle permet de "finir le travail". Le but est donc de transformer ce mauvais souvenir en "simple" souvenir qui reste au fond du tiroir tant qu'on ne le sollicite pas.