Correspondant au Caire

L’attentat qui a coûté la vie a une jeune touriste française de 17 ans et blessé 25 autres personnes a eu des conséquences immédiates sur le tourisme au Khan el Khalili où le drame s’est déroulé au Caire. Certes, les services compétents ont nettoyé l’endroit ou l’explosion a eu lieu et on devine à peine l’endroit où se trouvait auparavant le banc de granit rose sous lequel, selon les dernières déclarations, avait été posée la bombe artisanale bourrée de clous et de pièces de métal. La place désertée par les touristes grouille surtout de policiers en uniforme et d’autres en civil munis de téléphone portable prenant moult photos des autochtones et des nombreux journalistes et cameramen qui s’agglutinent autour de l’un ou l’autre membre du Parlement. Ceux-ci répètent à l’envi le déroulement des événements qui n’apprennent rien de nouveau : trois personnes ont été interpellées et sont suspectées d’être liées à celui ou ceux qui ont perpétré l’attentat.

Cependant, le parlementaire Salah Moktar précise que la bombe artisanale était pareille à celle de l’attentat d’avril 2005 qui s’était produit dans le même périmètre. A l’époque, la piste islamiste avait été confirmée après identification de son auteur et l’arrestation de trois complices ayant "des penchants et des motivations islamistes". Le kamikaze qui avait actionné la bombe composée, selon la police, de trois kilos de TNT et de clous (comme l’attentat de dimanche) était âgé de 18 ans et répondait au nom de Hassan Raafat Ahmed Bachandi. Il était étudiant à l’Université de Zagazig (à 90 km au nord-est du Caire) et était en rupture avec sa famille. On avait conclu à un acte isolé; ce qui semble être aussi le cas pour l’attentat de dimanche.

Voulant rassurer et ne prendre aucun risque, les services de sécurité ont placé des policiers aux endroits stratégiques afin de fouiller toute personne qui pénètre dans la zone du Khan el Khalili. A l’intérieur, les propriétaires des boutiques acceptent la situation avec une certaine philosophie : "Le temps effacera ce mauvais souvenir et demain, si Dieu le veut, tout rentrera dans l’ordre". Ils font remarquer qu’ils subissent déjà une baisse du tourisme due à la situation économique mondiale. Dans les ruelles étonnamment calmes, on ne croisera tout au plus qu’une dizaine de touristes au lieu des quelques centaines qui se pressent habituellement à cette heure de la journée.

Un couple de Français rencontré au détour d’une ruelle explique qu’arrivé la veille, il n’avait plus trop le choix et que de toute manière, "c’est rare qu’un deuxième attentat se produise au même endroit deux jours de suite".

C’est la première attaque contre des touristes en Egypte depuis le triple attentat qui avait durement frappé la station balnéaire de Dahab, dans le Sinaï, en avril 2006 et dans lequel 20 personnes, dont six ressortissants étrangers, avaient été tuées en plus des trois kamikazes.