Le 7 janvier vers 11h30, encagoulés, Saïd et Chérif Kouachi assassinent onze personnes dans les locaux de "Charlie Hebdo", dont des icônes du dessin de presse. "On a vengé le prophète", crient-ils avant d’exécuter un policier. Ils sont tués par le GIGN deux jours plus tard dans l’imprimerie où ils sont barricadés.

Après avoir sans doute grièvement blessé un joggeur à Fontenay-aux-Roses le 7 janvier, Amedy Coulibaly tue le 8 janvier une policière à Montrouge. Avait-il une autre cible ? Une école juive à proximité a été évoquée. Le 9 janvier, il abat quatre hommes dans l’Hyper Cacher, commerce juif de l’Est parisien, prend des otages et meurt dans l’assaut juste après les frères Kouachi.

Un an après, l’enquête a permis de retracer les dernières journées ainsi que le parcours des trois tueurs. Mais il reste toutefois quelques points obscurs que l’on ne parviendra peut-être jamais à éclaircir.

Au-delà des frères Kouachi, Amedy Coulibaly devait-il recevoir l’aide d’autres hommes pour son équipée ? Peut-être d’autres djihadistes devaient-ils commettre des attaques simultanées ?

Des renforts pour Coulibaly ?

C’est en tout cas le sens d’un mail du donneur d’ordre présumé à Amedy Coulibaly. Ce message date du 8 janvier à 17h21. "Pas possible amis, travailler tt seul", écrit ce mystérieux correspondant. Et d’ajouter, dans ces échanges révélés par BFM-TV et "Le Monde" : "Si possible trouver et travailler avec zigotos (les Kouachi) bien".

L’enquête, menée au parquet de Paris, a recueilli des éléments qui montrent que ce serait Amedy Coulibaly qui a fourni les armes des frères Kouachi. Il aurait ainsi pu les remettre la veille de l’attaque de "Charlie" lorsqu’il est allé, vers minuit, rendre visite à Chérif Kouachi à Gennevilliers.

Et d’où viennent les armes utilisées dans les attentats et celles qui ont été retrouvées chez Coulibaly ? L’enquête devra déterminer si elles-ci ont transité par Claude Hermant, un Lillois au parcours de barbouze en garde à vue en décembre. Une arme aurait pu avoir été achetée, avant d’être remilitarisée, chez un marchand d’armes de collection de Marcinelle. Ce n’est pas le seul lien avec la Belgique : un garagiste kurde de Charleroi pourrait avoir repris la Mini Cooper de la compagne de Coulibaly contre des armes.

Quel commanditaire ?

Saïd et Chérif Kouachi ont revendiqué leur attaque au nom d’Al Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa). Dans une vidéo, Amedy Coulibaly a dit agir au nom de l’Etat islamique tout en affirmant s’être synchronisé avec les Kouachi. Deux hommes sont cités comme l’éventuel donneur d’ordre.

Il y a tout d’abord Peter Cherif qui avait fait partie de la filière des Buttes-Chaumont avec Chérif Kouachi. Il a pris le chemin du Yémen en 2011 pour devenir un cadre d’Aqpa. Il serait en Syrie. Le deuxième est Salim Benghalem, gardien des quatre journalistes français retenus comme otages en Syrie en 2014. En 2011, il s’était rendu au Yémen avec Saïd Kouachi.

L’enquête a par ailleurs débouché sur l’inculpation de sept hommes, dont six sont sous mandat d’arrêt. Ils sont soupçonnés d’avoir fourni une aide logistique à Coulibaly mais nient avoir été au courant de ses projets.