Si le secrétariat national du PS a voté ce lundi un "appel à l'unité et à soutenir notre candidat Benoît Hamon", tout le monde n'est pas prêt à faire de même dans sa famille politique.

Des députés PS "réformateurs" invoquent, pour l'aile droite du parti, un "droit de retrait" de la campagne de Benoît Hamon, refusant de participer à "l'aventure aléatoire" d'"une gauche radicalisée", dans une tribune publiée dans le Monde mardi.

"Benoît Hamon a gagné la primaire de gauche. Son élection est nette, (...) légitime, (...) incontestable. Quel contraste, pourtant, avec 2011 !", écrivent les députés de Paris Christophe Caresche et de Gironde Gilles Savary dans ce texte. "Notre famille sortait alors renforcée d'une primaire (...) Aujourd'hui, le constat est tout autre : des divisions plus profondes que jamais et une césure réelle entre deux sensibilités", regrettent les élus.

Interrogé sur RMC, M. Caresche a évoqué "une quinzaine" de parlementaires engagés dans cette démarche, au sein du groupe des "réformateurs" du PS qui compterait une cinquantaine d'élus.

Interrogé sur un ralliement éventuel à Emmanuel Macron, M. Caresche a indiqué sur RMC ne pas l'envisager "à ce stade" personnellement, tout en reconnaissant que l'ancien ministre est le candidat dont il est le plus proche "sur le plan idéologique", et que certains élus "feront" ce pas vers Macron.

Des doutes dans le gouvernement sur sa faculté à rassembler

Plusieurs membres du gouvernement français ont émis des doutes sur la capacité de Benoît Hamon à rassembler le PS.

"La candidature de Benoît Hamon est indiscutablement très clivante", expliquait Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d'Etat chargé du Développement et de la Francophonie au Parisien.

De même, Michel Sapin, le ministre de l'Economie et des Finances, était convaincu sur France Inter que "Benoît Hamon ne peut rassembler pour des critiques de ce qui a été fait pendant cinq ans".

Pour Marisol Touraine, ministre de la Santé, "Benoît Hamon a la responsabilité de rassembler la gauche et au-delà pour pouvoir gagner. Mais s'il ne change pas de ligne, il ne rassemblera pas", explique-t-elle sur RTL.

Un appel aux écologistes et à Mélenchon qui passe mal

Son appel aux écologistes et à Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, n'a semble-t-il pas très bien été accueilli dans toute sa famille politique.

Les œillades lancées par Hamon sur sa gauche ont été poliment déclinées par les intéressés. Ainsi Eric Cocquerel, coordinateur du parti de Mélenchon, a-t-il tenu préciser les choses sur sa page Facebook : "Désolé Benoît, cinq ans de gouvernement ne s’effacent pas comme ça, écrit-il. Et si ton discours de vainqueur de primaire avait le souffle de celui du Bourget, on n’a justement pas oublié comment celui-ci s’est terminé".

Quant à Yannick Jadot, le candidat d’Europe-Ecologie-Les Verts, s’il n’a pas refusé la main tendue, il y a mis une condition : que Hamon "s’émancipe d’un PS qui n’a jamais fait sa conversion écologiste". Autant dire que c’est à un délicat exercice de contorsionniste que le candidat du PS va devoir se livrer dans les semaines à venir.