L'opposante birmane Aung San Suu Kyi, libérée samedi après sept ans d'assignation à résidence, a appelé lundi à une "révolution non violente" en Birmanie, s'affirmant certaine que la démocratie finirait tôt ou tard par triompher dans son pays.

"Je ne souhaite pas la chute des militaires", a-t-elle assuré. "Je souhaite que les militaires se hissent sur les hauteurs pleines de dignité du professionnalisme et du patriotisme authentique", a-t-elle dit dans cette interview accordée au siège de son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND). "Ce que les gens veulent est évident : les gens veulent une existence meilleure basée sur la sécurité et la liberté".

Elle a souligné qu'elle souhaitait une fin non violente du régime militaire actuel. "Nous aussi devons tenter de faire en sorte" qu'advienne cette "révolution non violente", a-t-elle ajouté, en se déclarant certaine que la Birmanie connaîtrait un jour la démocratie, même si elle ne savait pas quand.

Mme Suu Kyi a passé plusieurs heures au siège de la LND, rencontrant notamment les responsables régionaux du parti et achevant sa première journée de travail depuis sa libération par la visite d'un monastère de Rangoun.

Elle a également indiqué qu'elle n'était pas soumise à des restrictions depuis sa libération tout en mettant en garde la junte contre les conséquences d'une nouvelle détention.

Dimanche, lors de sa première conférence de presse après sa libération, l'opposante avait réitéré une requête formulée en vain, fin 2009, pour rencontrer en tête-à-tête le généralissime Than Shwe, homme fort de la junte. Elle avait aussi lancé un appel à l'unité de l'opposition. Aung San Suu Kyi a passé près de 15 des 21 dernières années privée de liberté.

Sa libération a provoqué depuis samedi un soulagement prudent au sein de la communauté internationale. De nombreuses capitales ont notamment appelé la junte à relâcher également quelque 2.200 autres prisonniers politiques.