Pendant la semaine qu'il a passée au Brésil, le pape a défendu une Église simple. Le moins que l'on puisse dire, c'est que nous avons assisté à des moments pleins de spontanéité dont on n'a que peu l'habitude.

Le pape joue avec sa sécurité

Reprenons les événements dans leur ordre chronologique. À  peine arrivé sur le sol brésilien, le pape est monté dans une Fiat "Idéa" de série, laissant au garage l'habituelle papamobile et autre berline blindée, propre aux chefs d'Etat. Le premier fait marquant fut le fruit d'une erreur du policier qui menait le cortège. Ce dernier tombant dans un véritable guet-apens après s'être trompé de route ; une marée humaine se précipitant rapidement sur la voiture du chef de l'Eglise catholique. 

Loin d'être perturbé par cet épisode, celui-ci a fait valoir sa réputation d'homme proche du peuple, en serrant des mains à travers sa vitre grande ouverte et en affichant un sourire radieux. Le dernier kilomètre du parcours menant le pape au palais du gouverneur a finalement dû être effectué en... hélicoptère.

La vidéo est visible en lien de cet article.

L'Eglise 2.0.

A en croire les clichés, les représentants ecclésiastiques n'échappent pas à la règle : eux aussi sont des afficionados des nouvelles technologies et n'hésitent pas à dégainer leur smartphone et autre tablette afin d'immortaliser le moment. 


Boue et crocodiles : les JMJ déménagent en urgence !

Cette année, pour les JMJ de Rio, des centaines d'ouvriers travaillaient depuis le mois de janvier sur l'immense plaine de Guaratiba à une quarantaine de kilomètres du centre-ville. Elle devait accueillir plusieurs millions de jeunes pour célébrer une veillée finale, une nuit à la belle étoile et le lendemain matin une messe d'envoi. A 48 heures de l’événement, les organisateurs des JMJ et les autorités de la ville ont décidé d'abandonner Guaratiba : le lieu n'était qu'un terrain de boue, des crocodiles y avaient même élu domicile !

Cet épisode est un exemple du manque d'organisation reconnu par les autorités de la ville de Rio. Elles s'attribuent d'ailleurs la note de 0/10. Sévère bulletin, à un an de la Coupe du monde que le Brésil accueillera...

Et en parlant de foot, le pape avait lancé un amusant "Jésus nous offre quelque chose de meilleur que la Coupe du monde" ce samedi soir. Filant la métaphore sportive, il poursuivait : "Jésus nous demande de jouer dans son équipe. Je pense que la majorité d'entre vous aime le sport!"


Les JMJ, "Woodstock de l'Eglise"

Ce samedi 27 juillet toujours, réunis sur la plage de Copacabana, les croyants ont dansé de concert lors d'un gigantesque flashmob. Les évêques et les sœurs se sont pris au jeu, tout comme les 3 millions de fidèles qui leur faisaient face. Regardez à ce sujet a vidéo de cette chorégraphie collective en lien à cet article.



Pour la dernière journée de cette grand-messe de la jeunesse catholique, 3 millions de fidèles s'étaient donné rendez-vous pour une messe de clôture sur cette même plage de Copacabana. Si les Brésiliennes sont connues, entre autres, pour l'échancrure de leur mayo de bain, les représentants de l'Eglise le sont par contre moins pour leur plaisir aquatique ! Qu'à cela ne tienne, on les a vus se baignant, tout habillés et sans retenue, dans l'eau bleue turquoise de la côte atlantique. Un agréable bain de mer après un bain de foule...



En marge des la visite papale

Des manifestations anti-pape ont eu lieu en marge des JMJ. Les protestataires voulaient faire entendre leur désaccord sur les moyens, humains et financiers, "trop élevés et inutiles" consacrés à l'événement. Les chiffres (40 millions d'euros et 30.000 policiers et militaires) ont de quoi donner le tournis à une jeunesse qui, quelques jours plus tôt, envahissait les rues des métropoles brésiliennes pour demander des avancées (et donc des investissements) dans les domaines de l'éducation et de la santé.

Un photographe de l'Agence France-Presse (AFP), Yasuyoshi Chiba, a par ailleurs été blessé d'un coup de matraque à la tête par un policier, selon son propre témoignage, lors d'une manifestation à Rio en marge de la visite du pape.