Ce mercredi, les Azerbaïdjanais élisaient leur président. Cet événement est loin d'avoir passionné les foules et pour cause, dans ce pays souvent dénoncé par les ONG de défense des droits de l'homme, les élections s'apparentent généralement à des farces destinées à légitimer l'autorité d'Ilham Aliyev (voir photo), au pouvoir depuis dix ans.

Mais cette fois, le côté "jouées d'avance" des élections est apparu de manière encore plus criant. Mardi, de nombreux électeurs ont appris avec stupeur, par le biais de la Commission centrale des élections, que le président était réélu avec 72,76 des voix. Alors qu'aucun bureau de vote n'avait encore ouvert ses portes, cette annonce semblait plutôt farfelue.

Le site Meydan TV, l'un des rares médias d'opposition dans ce pays du Caucase, a pu enregistrer les preuves de cet incident avant que l'information ne soit retirée du serveur des autorités. Le gouvernement a tenté de se justifier, en prétextant qu'il s'agissait d'une fausse manipulation, lors d'un test de l'application mobile de la Commission. Ces explications n'ont pas vraiment convaincu les opposants aux régimes d'Aliyev. Ils voient dans cet événement une preuve supplémentaire que les dés sont pipés et que la démocratie azérie n'est qu'une mascarade.

Au final, les vrais résultats donnent au président une victoire encore plus écrasante que ceux erronément annoncés (85% au lieu de 73%). Le principal candidat d'opposition, Jamil Hassanli, a déjà déclaré qu'il contestait les résultats pour cause de fraude électorale. Une initiative qui a peu de chance d'aboutir.