Bachar al-Assad a mis en garde lundi les Etats-Unis, enjoignant Washington à "s'attendre à tout" en cas de frappe visant son régime, n'excluant pas l'usage d'armes chimiques "si les rebelles, des terroristes (...) ou tout autre groupe en possèdent".

"Vous devez vous attendre à tout" en cas d'attaque, a lancé Bachar al-Assad lors d'un entretien télévisé diffusé par CBS. "Le gouvernement (syrien) n'est pas le seul acteur dans la région. Il y a différentes parties, différentes factions, différentes idéologies", a-t-il ajouté, n'excluant pas l'emploi d'armes chimiques "si les rebelles, ou des terroristes dans la région, ou tout autre groupe, en possèdent": "Je ne suis pas devin, je ne peux pas vous dire ce qui va arriver".

Le président syrien a également appelé les élus américains -- qui doivent se prononcer prochainement sur une résolution autorisant des frappes en Syrie -- à "demander à l'administration ses preuves" sur l'attaque chimique du 21 août. "Soyez transparents", a-t-il lancé. "Le monde entier est déçu par l'administration" Obama, a poursuivi Bachar al-Assad, assurant qu'elle n'avait pas "le plus petit morceau de preuve": "Nous espérions qu'elle serait différente de l'administration Bush".

"Dans cette affaire, Kerry n'a présenté aucune preuve", a estimé Assad, évoquant également les éléments présentés par Colin Powell, alors secrétaire d'Etat, censés prouver la présence d'armes de destruction massive en Irak avant l'invasion du pays en 2003. "Dans la zone où on dit que le gouvernement a utilisé des armes chimiques, nous n'avons que des vidéos, des photos et des allégations. Nous n'y étions pas. Nos forces, notre police ne pensent pas la même chose", a-t-il lancé: "Comment parler de quelque chose sans y avoir assisté? (...) Notre gouvernement ne parle que quand il a des preuves".

"Les Russes ont des preuves totalement différentes, selon lesquelles les missiles ont été lancés de zones contrôlées par les rebelles", a-t-il également poursuivi.

"Le Congrès (américain) va voter dans quelques jours, et je crois que le Congrès est élu par le peuple pour le représenter. Les élus devraient donc se demander: +Qu'apportent les guerres à l'Amérique?+ Rien. Aucun gain politique, aucun gain économique, et pas une bonne réputation", a ajouté le président syrien: "C'est une guerre qui va contre les intérêts de l'Amérique. Pourquoi? C'est une guerre qui va aboutir à soutenir Al-Qaïda et les gens qui ont tué des Américains le 11-Septembre".

Assad remercie Poutine

Le président syrien a transmis un message de remerciements à son homologue russe Vladimir Poutine pour son soutien à la Syrie, a déclaré lundi son ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem à Moscou.

"M. Assad m'a chargé de remercier M. Poutine pour sa position" sur la Syrie, a dit M. Mouallem au début d'un entretien avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Des frappes en Syrie causeraient une "explosion de terrorisme" dans toute la région 

Des frappes en Syrie provoqueraient une "explosion de terrorisme" dans toute la région, a averti lundi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, affirmant que le régime syrien était toujours prêt à participer à des négociations de paix.

"De plus en plus d'hommes politiques, d'hommes d'Etat partagent notre opinion selon laquelle un scénario de force mènera à une explosion de terrorisme en Syrie et dans les pays voisins, et à un important flux de réfugiés", a déclaré M. Lavrov à l'issue d'un entretien à Moscou avec son homologue syrien Walid Mouallem, ajoutant que Damas était toujours "prêt à des négociations de paix".