Bachar el-Assad, le président syrien, était l'invité du journal télévisé de France 2 ce 20 avril. Un entretien enregistré la veille à Damas et mené par David Pujadas, le présentateur emblématique de la chaîne publique. Ce dernier ne s'est pas privé de souligner le côté exclusif de ce face à face qui fait suite à une série d'autre déjà donnés au "Figaro" ou au "New York Times" notamment.

Au fil de la conversation, Bachar el-Assad insiste pour asseoir sa légitimité, alors que son pays est en proie à la guerre civile depuis quatre ans. "Est-il possible d'avoir le soutien de son peuple quand on est brutal avec lui?", lance le président syrien. Pour lui, les opposants au régime sont avant tout des "terroristes" qu'il convient de combattre au nom de la "liberté et de la démocratie". 

En plus des opposants au pouvoir en place, un autre acteur est venu s'ajouter au conflit: le groupe Etat islamique (EI) qui sème la terreur dans son fief de Raqqa, au nord du pays. "L'EI a été créé en Irak en 2006 sous la supervision des Américains", soutient Bachar el-Assad. "Ils sont venus en Syrie parce que le chaos est contagieux. Lorsqu'il y a le chaos dans un pays, il devient un terrain fertile pour les terroristes."

Vient alors l'épineuse question des armes chimiques et des armes dites "aveugles" qui frappent toutes les cibles, civiles ou militaires, sans distinction. Le pouvoir syrien est accusé d'en avoir utilisé à plusieurs reprises lors du conflit. Là encore, le président rejette toutes ces accusations. "Nous n'avons jamais entendu parler d'armes aveugles. Aucune armée au monde, y compris la nôtre, n'accepterait d'utiliser des armes qui ne peuvent pas cibler avec précision."

Une photo "n'est pas une preuve"

Pourtant, photos à l'appui, David Pujadas rappelle que des barils explosifs ont été balancés depuis des hélicoptères. Et seule l'armée syrienne officielle possède ce type d'appareils. "Ce n'est pas une preuve", répond le président. "Il faut que ce soit vérifié. Dans notre armée, nous n'utilisons que des bombes conventionnelles qui permettent de viser", martèle-t-il encore. Même chose pour les bombes au chlore. Selon Bachar el-Assad, qui soutient que "les armes conventionnelles que [son armée] utilise sont beaucoup plus efficaces que le chlore", il n'y a que deux usines capables de fabriquer du chlore en Syrie. L'une serait fermée "depuis plusieurs années", tandis que l'autre serait "sous contrôle terroriste". 

A écouter le président syrien, tout serait donc de la faute des opposants au pouvoir. Il en profite pour les accuser d'avoir attaqué son armée avec du gaz sarin et d'être à l'origine du bombardement dans lequel a péri Gilles Jacquier, journaliste de France 2 décédé à Homs en janvier 2012.