François Bayrou a repoussé vendredi les avances de Nicolas Sarkozy et François Hollande dans la perspective du second tour de la présidentielle, expliquant qu'il n'était "nullement décidé à préparer une manoeuvre" mais était là pour empêcher une finale entre les candidats UMP et PS.

"J'ai observé naturellement que ces derniers jours, ces dernières heures, il y avait autour de nous une extraordinaire bienveillance, sympathie, gentillesse, admiration, venant de droite et de gauche", s'est amusé François Bayrou lors d'un meeting à Tours devant quelque 1.200 personnes, sans citer les noms de Nicolas Sarkozy ou François Hollande.

"Dans la journée on a eu deux déclarations des principaux dirigeants de gauche et des principaux dirigeants de l'UMP indiquant à quel point, vraiment, ce François Bayrou était formidable: il avait les idées qu'il fallait, le caractère qu'il fallait, qu'il pouvait occuper les plus hautes fonctions pourvu naturellement qu'il se rapproche du camp des intéressés", a-t-il raillé, déclenchant les rires et applaudissements de la salle.

"Alors, je suis venu à Tours, région Centre, pour vous dire une chose très simple: nous ne sommes nullement décidés et je ne suis nullement décidé à préparer une manoeuvre dans le cas du deuxième tour Sarkozy-Hollande. Je suis là, nous sommes là pour empêcher le deuxième tour Sarkozy-Hollande", a-t-il lancé alors que la salle criait "Bayrou président".

"Parce que ce deuxième tour représente pour notre pays une série de risques dont je crains que la France doive amèrement regretter de ne pas les avoir écartés. Et parce que je pense que le programme, le projet, la manière dont ils présentent l'avenir pour le pays est profondément mensonger", a dénoncé le leader centriste.

"L'un nous dit, c'est Nicolas Sarkozy: la crise financière est derrière nous. Il ajoute: les économies, c'est fini et il affirme: +Je ne créerai aucun impôt supplémentaire pour les Français+. Mais dans le même temps, dans un pays qui a 100 milliards de déficit, il propose entre 10 et 12 milliards de dépenses annuelles nouvelles", a-t-il dénoncé. "Alors, je vous le dis, ceci est strictement impossible. Ceci est une dissimulation de la réalité. Ce serait la faillite constatée par le monde".

"Et, dans le même temps, François Hollande, lui, dit: +Je vais dépenser 30 milliards supplémentaires+", a-t-il ajouté. Et, "fuyant les conséquences économiques de ses choix, il explique: +Si le monde me résiste, je ferai plier le monde+. Alors, je lui dis: bonne chance mon garçon", a-t-il lancé.

"Ceux qui racontent que, naturellement, il suffit qu'ils soient élus pour que le monde se plie à leurs désirs, notamment parmi ceux qui vont leur prêter l'argent dont ils auront besoin pour des dépenses supplémentaires dont ils n'ont pas le premier centime, cela existe dans la commedia dell'arte", a-t-il expliqué.

"Ceux qui roulent les mécaniques cela s'appelle des matamores. C'est matamore contre matamore, le deuxième tour qu'on nous propose pour la France", a-t-il lancé.

"Eh bien moi je propose qu'on échappe à ce deuxième tour" et "si vraiment les qualités personnelles, les idées, la volonté politique qu'ils me prêtent sont justifiées, alors c'est à Elysée qu'elles prendront leur pleine mesure", a-t-il conclu.