Berlusconi, les affaires encore les affaires

Berlusconi, les affaires encore les affaires
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International

Frédéric Hacourt

Publié le

Correspondant à Rome

Les poursuites judiciaires n'en finissent décidément pas pour Silvio Berlusconi. Après avoir réussi à échapper douze fois aux rigueurs de la loi pour des accusations de fraude fiscale, de corruption et de faux en écriture, l'ex-Premier ministre et roi de la télévision privée italienne est aujourd'hui appelé à répondre devant le tribunal de Milan de subornation de témoin et de faux témoignage. Cela pourrait lui valoir de 3 à 8 ans de réclusion. Série noire

Le dossier est complexe. Au départ, il y a cette autre procédure, en cours depuis novembre dernier et toujours à Milan. "Sua Emittenza" Berlusconi est accusé d'appropriation indue et de blanchiment pour avoir systématiquement constitué depuis les années 80 d'importants fonds secrets à travers la fausse facturation à l'achat de droits de reproduction de séries télévisées américaines. Un des acteurs principaux de l'escroquerie est le producteur Frank Agrama, basé à Hollywood. Sur commission rogatoire, les autorités fiscales américaines ont déterminé qu'entre les seules années 1998 et 2002, Agrama avait acquis essentiellement de Paramount des droits pour 130 millions de dollars aussitôt revendus à Mediaset, la société multimédia de Berlusconi, pour 315 millions - la différence étant ristournée à Mediaset par un circuit opaque de sociétés off-shore. Selon le tribunal de Los Angeles, au moins 6,5 millions de dollars sont tombés dans l'escarcelle des hauts dirigeants de Mediaset. Selon l'accusation milanaise, le reste a gonflé les finances occultes servant l'ascension politique de M. Berlusconi.

Le procès intenté a cependant bien peu de chances d'éviter la prescription (en tant que Premier ministre jusqu'à mai 2006, Silvio Berlusconi avait pris soin de dépénaliser le faux en écriture et surtout de réduire de moitié les délais de poursuite pour délits financiers). Il joue aussi gagnant car le tribunal de Los Angeles a jugé irrecevable la commission rogatoire, les agents du FBI en ayant profité pour saisir chez Frank Agrama des documents couverts par le secret professionnel et non, comme prévu, de simples attestations de versements bancaires.

Faux témoignages

Mais, ce qui occupe l'avant-scène judiciaire aujourd'hui est un avatar de ce procès. Pour bâtir son circuit de sociétés off-shore, Silvio Berlusconi a utilisé les bons offices de Davis Mills, un avocat anglais qui n'a pas hésité à se vanter par écrit d'avoir reçu une prime de 600 000 dollars de la part de "Mr B" pour témoigner le faux à deux reprises devant les juges italiens. En aveux, mais ayant plusieurs fois changé de version, Mills se trouve sur le banc des accusés aux côtés de Berlusconi.

Cette nouvelle affaire pourra difficilement, elle aussi, éviter la prescription en février 2008. Mais cette fois Silvio Berlusconi n'a plus la "protection" due à ses anciennes fonctions de Premier ministre. Du coup, les magistrats vont tenter une percée...

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