Narendra Modi a raison : "Il est réconfortant que la Première ministre du Bangladesh […] dise ouvertement qu’elle a une tolérance zéro pour le terrorisme". Mais le Premier ministre indien ne s’est, malheureusement pour lui, pas contenté d’exprimer sa satisfaction de si neutre manière. Au détour de cette phrase (c’est-à-dire entre les crochets ci-dessus), il a cru bon, ou a laissé échapper à l’insu de son plein gré (comme disait un grand sportif qui ne savait pas qu’il était dopé) que la détermination de son homologue bangladaise était d’autant plus remarquable que Sheikh Hasina luttait contre les groupes islamistes "bien qu’elle soit une femme".

Ces propos, qui relèvent d’un machisme ordinaire trop peu souvent dénoncé, ont déclenché une avalanche de commentaires, de plaisanteries et de photos sur les réseaux sociaux, que l’on sait prompts au sarcasme. "J’ai réussi à me lever et à manger mon petit-déjeuner #DespiteBeingAWoman", ironisait par exemple @bainjal. Et, nous ne vous apprendrons rien, la liste des choses que l’on peut faire "bien qu’étant une femme" est longue. Twitter a ainsi eu tôt fait de hisser le hashtag #DespiteBeingAWoman ("bien qu’étant une femme") parmi les plus utilisés lundi.



 



Narendra Modi se voit, et veut être vu, en champion des droits des femmes, invitant, par exemple, les parents à mieux élever leurs fils lorsqu’il évoque les agressions sexuelles. Son conseiller en communication serait bien inspiré de lui souffler que bien que porter un discours disqualifiant le sexisme soit très positif, l’incarner, c’est mieux.