Selon Nyan Win, porte-parole du parti de Mme Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), l'émissaire américain rencontrera vendredi la lauréate du prix Nobel de la paix, libérée le 13 novembre après plus de sept années de résidence surveillée.

Yun va notamment appeler la junte à "améliorer" la situation des droits de l'homme, "libérer tous les prisonniers politiques immédiatement et sans condition" et à "commencer un véritable dialogue" avec les leaders de l'opposition et des minorités ethniques, selon un porte-parole du Département d'Etat américain.

Il s'agit de la première visite d'un haut responsable américain dans le pays depuis les élections du 7 novembre, les premières en vingt ans, dénoncées par le président Barack Obama comme "tout sauf libres et justes".

Washington avait décidé en septembre 2009 d'entamer un dialogue avec la junte, constatant que les sanctions seules n'avaient guère de prise sur l'évolution d'un des régimes les plus fermés au monde.

Depuis cette date, Kurt Campbell, adjoint pour l'Asie de l'Est et le Pacifique de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, s'est rendu deux fois en Birmanie -- en novembre 2009 et mai 2010 -- pour rencontrer des responsables du gouvernement et Mme Suu Kyi, alors en résidence surveillée.

La dissidente, qui a passé 15 des 21 dernières années enfermée, a salué ce changement de stratégie mais a également appelé les Etats-Unis à ne pas s'engager dans ce dialogue "en portant des lunettes roses".

Washington devrait "garder les yeux ouverts, rester en alerte et voir ce qui se passe réellement, à quoi mène le dialogue et quels sont les changements qui doivent advenir", avait-elle déclaré lors d'un entretien diffusé sur CNN quelques jours après sa libération.