Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro a annulé en dernière minute mercredi une conférence de presse prévue au Forum économique de Davos, au lendemain d'une courte intervention qui a laissé l'élite mondiale sur sa faim.

"Il n'y aura pas de conférence de presse", a annoncé un membre du service de presse du Forum de Davos aux journalistes qui avaient pris place dans la salle où le président brésilien devait s'exprimer aux côtés de ses ministres des Affaires étrangères, de la Justice et de l'Economie.

"Si nous l'avions su plus tôt, nous vous l'aurions annoncé plus tôt", a-t-il ajouté, reconnaissant que les organisateurs du Forum avaient été prévenus en dernière minute sans explication.

Selon une source de la présidence, M. Bolsonaro est rentré "se reposer à l'hôtel". "Il a un agenda très chargé et il avait besoin d'un moment de repos", a-t-elle dit à l'AFP, précisant qu'une nouvelle conférence de presse n'était pas prévue pour l'instant.

Le président d'extrême-droite avait auparavant accordé une interview à l'agence Bloomberg, qui l'a interrogé sur les malversations financières dont est accusé son fils.

"Si par hasard il avait commis une erreur, s'il y a des preuves, même si je le regrette en tant que père, il devra payer le prix, pour ces actes que nous ne pouvons tolérer", a affirmé le chef de l'Etat.

C'était la première fois qu'il affirmait clairement que son fils aîné Flavio, ex-député régional élu sénateur lors des dernières élections générales, devrait faire face à ses responsabilités.

Cette affaire est le premier scandale majeur de la présidence de Jair Bolsonaro, 63 ans, dont la lutte anticorruption a été l'un des grands thèmes de campagne.

Dans son bref discours mardi à Davos, station de ski huppée des Alpes suisses, il avait affirmé avoir pris les rênes le 1er janvier d'un Brésil "plongé dans une profonde crise éthique, morale et économique".