A l'annonce des attentats qui ont frappé mardi les villes américaines de New York et Washington, plusieurs marchés financiers ont fermé prématurèment leurs portes alors que d'autres voyaient leurs valeurs chutées. Pourtant, les autorités boursières européennes veulent éviter de tomber dans la pschychose.

"Il est difficile d'apprécier à l'heure actuelle les choses d'un point de vue économique", a-t-on appris mercredi de source financière.

En effet, les événements américains ont provoqué une source d'inquiétude pour les opérateurs. "Les dommages directs ont été la fermeture des marchés américains pour au moins deux jours. Il y a eu un impact sur les sociétés américaines directement exposées à l'attentat et également des dommages directs sous forme des assurances", a-t-elle ajouté. De plus, le triple attentat a effectué un impact sur la conjoncture mondiale déjà faible.

L'évolution de la situation restera cependant un point d'interrogation. Dans un marché déjà incertain, survient une nouvelle incertitude tant économique que politique. "Il faudra plusieurs jours avant que les marchés intégrent les conséquences réelles de ce qui s'est passé. Dans un premier temps, nous avons observé un mouvement de mise à l'abri ensuite il y a eu une reprise de position", a poursuivi l'analyste. Une réaction éventuelle des Etats-Unis pourraient encore influencer la situation.

En revanche, l'analyste a tenu à signifier que ce n'était pas la première fois que les marchés boursiers étaient confrontés à un événement politique ou une guerre. Et de rappeler la guerre du Golfe qui a eu un impact durable sur les marchés. "Nous ne somme pas dans un scénario apocalyptique", un avis partagé par les autorités boursières européennes qui ont décidé de maintenir les marchés ouverts afin de ne pas augmenter la panique et de laisser les mécanismes de régulation (réserve des valeurs, gel,...) jouer librement leur rôle.

De son côté, la Banque Centrale Européenne a décidé mercredi matin d'injecter des liquidités dans le but "d'apaiser les tensions sur le marché", avait déclaré Wim Duisenberg, président de la BCE. La Banque japonnaise avait déjà pris la même décision. "Il s'agit d'une réaction normale venant des banques centrales quand suite à une grande opacité des marchés, il y a un effet d'assèchement des crédits et liquidités. La BCE étant le prêteur en dernier resort, sa décision est appropriée", a expliqué la source financière.

En conclusion, les marchés européens semblent jouer la carte de la raison. Ils observaient mercredi matin une légère hausse de leurs valeurs. Les valeurs américaines restaient cepandant suspendues de cotation et ce par mesure de "fair play" vis-à-vis du New York Stock Exchange qui devrait également rester portes closes ces deux prochains jours.

Euronext, la Deutsche Boerse et L.S.E. observeront mercredi à 14h45 une minute de silence et supendront pendant ce moment tous les échanges afin d'exprimer leur sympathie envers le peuple américain.