Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, s'est dit ouvert vendredi à des discussions sur la manière de sauver l'accord de divorce conclu par le Royaume-Uni avec l'Union européenne, tout en excluant de le modifier. M. Varadkar s'exprimait lors d'une visite dans la province britannique voisine d'Irlande du Nord, où il s'est entretenu avec des responsables de partis politiques locaux, avant de recevoir à dîner la Première ministre britannique Theresa May, à Dublin, dans la soirée.

"Tout le monde veut éviter une absence d'accord, tout le monde veut éviter une frontière dure et tout le monde veut continuer à entretenir une relation politique et économique très proche entre le Royaume-Uni et l'Irlande, quoi qu'il arrive", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

"Bien plus de choses nous unissent qu'elles ne nous divisent", a-t-il ajouté. "Le temps presse et nous devons aboutir à un accord aussi vite que possible".

Depuis le rejet massif par les députés britanniques de l'accord de divorce en janvier, Theresa May tente d'obtenir de l'UE une modification "légalement contraignante" des termes du "filet de sécurité" (ou "backstop" en anglais), la disposition de l'accord qui suscite une grande hostilité au Royaume-Uni.

Pour empêcher le retour d'une frontière physique entre les deux Irlande après le Brexit, prévu le 29 mars, cette disposition prévoit en dernier recours, si les parties n'arrivent pas à s'entendre sur leur future relation, une union douanière entre le Royaume-Uni et l'UE, avec en sus, pour l'Irlande du Nord, un alignement sur certaines réglementations européennes en matière sanitaire et de taxes.

Les Européens et Londres ont convenu jeudi de mener de nouvelles "discussions" pour sortir de l'impasse, même si le plaidoyer de Theresa May en faveur d'une modification de l'accord de retrait a été de nouveau rejeté par l'UE.

Tous continuent toutefois d'affirmer vouloir éviter le scénario redouté d'un Brexit sans accord, qui serait dommageable pour l'économie. Leo Varadkar a répété à son tour vendredi que l'Irlande et les autres dirigeants européens ne rouvriraient pas les pourparlers sur l'accord conclu en novembre, après près d'un an et demi de négociations.

"Mais nous pouvons parler de la déclaration politique conjointe", texte qui accompagne l'accord et esquisse les bases du futur partenariat entre les deux parties, "et des changements qui peuvent y être apportés, et des assurances qui peuvent être données qui contribueraient à la ratification de l'accord", a souligné le Premier ministre irlandais.

Après sa rencontre avec Leo Varadkar, l'allié nord-irlandais de Theresa May, le petit parti ultra-conservateur DUP, a dit qu'il n'accepterait que des changements légalement contraignants et que des "interprétations, garanties, assurances ne suffiraient pas".