L’article 50 indique que "l’Union négocie et conclut avec cet Etat un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union"

Rien de très précis donc. Si ce n’est qu’"il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen" et surtout que "les traités cessent d’être applicables à l’Etat concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification [...] sauf si le Conseil européen, en accord avec l’Etat membre concerné, décide à l’unanimité de proroger ce délai".

En clair, les deux parties ont deux ans pour s’entendre. Voire même seulement un an et demi selon les propos de Michel Barnier, le négociateur européen, qui estime que les négociations devront être achevées en octobre 2018 pour permettre leur ratification avant le 28 mars 2019. Un délai "impossible" à tenir selon le Premier ministre irlandais Enda Kenny. Le risque est donc grand que les deux parties ne parviennent pas à signer un accord global. María-Luisa Sánchez-Barrueco, professeur de droit européen à l’université de Deusto, à Bilbao, n’est en rien surprise de cette situation : "L’article 50 a été rédigé par les Etats membres pour autoriser la sortie de l’UE, mais surtout pour la décourager en montrant que l’alternative est le vide absolu. Ils voulaient ainsi forcer les différentes parties à négocier pour permettre d’arriver à un accord visant au maintien du récalcitrant au sein de l’UE." 

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