Le Premier ministre adjoint irlandais a exprimé toute sa "frustration" lundi lors d'une visite à Bruxelles face à l'incapacité du Royaume-Uni de ratifier un accord pour une sortie ordonnée de l'Union européenne. "Evidemment, il y a de la frustration", a déclaré à des journalistes Simon Coveney, également ministre des Affaires étrangères, après une réunion avec ses collègues européens.

La Première ministre britannique Theresa May pense pouvoir faire passer auprès de son parlement l'accord signé avec les dirigeants européens en novembre dernier à la faveur de quelques modifications.

Mais les dirigeants européens, comme l'a souligné M. Coveney, ont martelé que ce n'était pas envisageable, et que la clause visant à garantir qu'il n'y aurait pas de frontière physique entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord devait en particulier figurer dans l'accord.

"Mon travail, c'est d'essayer de protéger les intérêts irlandais et le peuple irlandais pendant le Brexit, qui n'est pas une politique irlandaise", a-t-il avancé.

"Nous sommes en train de dépenser des millions d'euros en Irlande pour nous préparer à un Brexit sans accord afin d'essayer de protéger les citoyens irlandais", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas quelque chose que nous voulons avoir à faire. Bien sûr que nous voulons une solution. Et oui, il y a de la frustration", a-t-il affirmé.

"Il nous reste moins de 40 jours jusqu'à ce que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne et nous ne savons en fait toujours pas ce que le gouvernement britannique demande pour permettre à cet accord d'être ratifié", a résumé le ministre irlandais.

Un peu plus tôt lundi, Simon Coveney avait rencontré le négociateur du Brexit pour l'UE Michel Barnier. Ce dernier doit également rencontrer lundi son homologue britannique Stephen Barclay, qui prépare le terrain pour la venue de Theresa May à Bruxelles plus tard dans la semaine.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt, également à Bruxelles, a assuré à son arrivée que le soutien du Royaume-Uni aux accords de paix en Irlande du Nord était "inconditionnel".

Londres comme Bruxelles devront faire preuve de flexibilité pour trouver un accord retravaillé sur le Brexit qui pourra passer l'étape du parlement britannique, a-t-il déclaré.

"Mais ce dont nous avons besoin c'est de la confiance et d'une vision de la part des deux parties, parce que ce qui est en jeu ici c'est la relation du Royaume-Uni avec ses voisins européens pour les 25 prochaines années", a-t-il ajouté.