Les autorités bosniennes ont fait au cours des douze derniers mois "très peu de progrès" en terme de réformes nécessaires pour la marche du pays vers l'Union européenne, a constaté mercredi un responsable de la Commission européenne.

"On ne peut constater que très peu de progrès en Bosnie-Herzégovine", a déploré Pierre Mirel, responsable des Balkans occidentaux au sein de la Direction générale pour l'Elargissement de la Commission européenne, lors d'une conférence de presse à Sarajevo.

"La question principale à ce stade (...) est qu'il n'y ait pas de gouvernement, plus d'un an après les élections (...) Nous sommes loin d'atteindre le stade où le Conseil (européen) sera en position de prendre en considération la demande d'adhésion de la Bosnie-Herzégovine", a mis en garde M. Mirel.

La Bosnie avait l'ambition de demander le statut de candidat à l'adhésion au bloc européen avant la fin 2011, mais l'incapacité de la classe politique locale à former un nouveau gouvernement central du pays depuis les élections générales du 3 octobre 2010 a pratiquement arrêté la mise en place des réformes réclamées par Bruxelles.

M. Mirel a rappelé deux réformes essentielles, en suspens depuis plusieurs années: la Bosnie doit amender sa Constitution, discriminatoire à l'égard des minorités, et adopter une loi sur les subventions publiques.

Le pays ne pourra pas demander sa candidature à l'adhésion avant de mettre en place ces deux réformes, a-t-il averti.

Une dernière tentative de négociations des leaders politiques du pays, en vue de former un gouvernement central, a échoué en septembre.