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"Nous aimerions que nos filles considèrent que le paroxysme de l’accomplissement de soi est de nous faire des petits-enfants." Ces paroles, tenues par László Kövér dans l’hémicycle en décembre, n’ont pas manqué de susciter une vive polémique en Hongrie. Sa chevelure longue et rebelle a été coupée il y a quelques années, mais la moustache est restée. A 56 ans, le président du Parlement incarne cette garde vieillissante du Fidesz, le parti au pouvoir, qui tente d’imposer sa révolution conservatrice à une population pas assez réceptive à son goût.

Nombre de mesures incongrues ont déjà été sérieusement envisagées pour stimuler la natalité, sans avoir été mises en pratique : accorder des ristournes sur les prêts étudiants pour récompenser les diplômés ayant eu un ou plusieurs enfants au cours de leurs études, prendre en compte le nombre d’enfants pour le calcul de la retraite et même octroyer un droit de vote élargi aux familles nombreuses.

Un récent ouvrage, intitulé "Au bord du précipice" et financé par le parti chrétien allié au Fidesz, trouve un grand écho dans les cercles traditionalistes. Son auteur, József Benda, y propose des mesures qui ne sont pas sans rappeler la politique nataliste agressive de la ministre de la Santé Anna Ratkó dans la Hongrie stalinienne, comme pénaliser fiscalement les couples sans enfant. Toutefois, de même qu’il continue à s’opposer à la pénalisation de l’avortement, le Fidesz ne prendra certainement pas le risque de s’aliéner l’électorat féminin.

Derrière les discours enrobés tantôt de paternalisme bienveillant tantôt de conservatisme moralisateur, il y a une réalité : depuis le début des années quatre-vingt, on meurt plus qu’on ne naît en Hongrie et, après trente années de déclin, la population est passée sous le seuil symbolique des dix millions d’habitants en 2010.

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