International

Le président américain George W. Bush a choisi lundi un «faucon» aux positions souvent controversés, le sous-secrétaire d’Etat chargé du désarmement John Bolton, comme prochain ambassadeur auprès de l’Onu.

La secrétaire d’Etat Condoleezza Rice a annoncé la nomination de ce proche des cercles néo-conservateurs pour représenter Washington au sein d’une institution envers laquelle il n’a pas ménagé les critiques.

«Le président et moi avons demandé à John (Bolton) d’accepter ce poste car il sait comment faire pour que les choses aboutissent», a dit Mme Rice lundi.

M. Bolton est un diplomate «expérimenté» mais aussi un «coriace», a prévenu la chef de la diplomatie américaine. Cette nomination doit encore faire l’objet d’une procédure de confirmation par le Sénat.

M. Bolton pour sa part a assuré que son «bilan personnel démontrait un clair soutien pour une diplomatie multilatérale effective».

Il a toutefois reconnu avoir fréquemment «écrit de manière critique» sur les Nations-Unies et a estimé que le «leadership américain était capital pour le succès des Nations-Unies, des Nations-Unies efficaces».

Le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan «félicite chaleureusement M. Bolton et souhaite travailler avec lui sur la réforme de l’Onu et les nombreux autres sujets que nous aurons à traiter dans les prochains mois», a déclaré lundi un porte-parole, en précisant que M. Annan avait été prévenu personnellement de cette nomination par Mme Rice.

A 56 ans, M. Bolton remplacera John Danforth qui avait annoncé sa démission pour raisons personnelles fin 2004.

Cette nomination renforce la volonté américaine de mettre en place une diplomatie sans états d’âme pour appliquer les directives de la Maison Blanche, après le départ du secrétaire d’Etat Colin Powell, avec qui M. Bolton entretenait des relations notoirement méfiantes.

Elle constitue également un geste envers les cercles néo-conservateurs de l’entourage de M. Bush, au risque de relancer les questions sur les orientations de fond de la diplomatie américaine.

Chargé du délicat secteur du désarmement au sein du département d’Etat depuis 2001, M. Bolton est partisan d’une ligne diplomatique dure sur les dossiers du nucléaire iranien et nord-coréen.

Il est notamment l’un des plus ardents avocats du renvoi du dossier iranien devant le Conseil de sécurité de l’Onu pour de possibles sanctions contre la république islamique.

M. Bolton est également un adversaire résolu de la Cour pénale internationale (CPI), le tribunal chargé des crimes de guerre et contre l’humanité que Washington considère comme potentiellement hostile à ses intérêts.

Il fut aussi l’un des plus actifs avocats d’une entrée en guerre contre l’Irak en mars 2003.

Volontiers critique envers les opérations de maintien de la paix de l’Onu, il s’est aussi par le passé montré peu sensible au paiement des arriérés américains envers l’organisation mondiale.

Avocat de formation, il a occupé de multiples fonctions sous les présidents Reagan et Bush-père, avant de reprendre du service avec George W. Bush.

Il a également été vice-président d’un centre de recherches proche des néo-consevateurs, l’American Enterprise Institute (AEI), très engagé dans l’élaboration des concepts de politique étrangère les plus controversés de l’administration Bush, comme la guerre «préventive» ou la démocratisation du Proche-Orient.