Le Président américain George W. Bush entame jeudi une tournée de cinq jours en Argentine, au Brésil et au Panama, consacrée au commerce, après avoir reconnu que son rêve d’une zone de libre échange s’étendant de l’Alaska à l’Antartique était au point mort.

M. Bush a déclaré mardi avant son voyage qu’il avait changé sa priorité en matière de libéralisation du commerce, semblant laisser de côté pour l’instant ses ambitions de parvenir à une Zone de libre échange des Amériques (ZLEA) qui devait initialement déboucher début 2005, au profit d’une relance des négociations au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et du round de Doha.

«La ZLEA est au point mort, je l’admets», a déclaré le président au cours d’une rencontre avec quelques journalistes avant son départ. «Les négociations (du cycle) de Doha ont relégué à l’arrière plan la zone de libre échange des Amériques», a précisé le président américain, expliquant que «le cycle de Doha ne concerne pas seulement nos voisins mais le monde entier».

Le président américain a indiqué qu’il allait encourager, au cours de son voyage, des accords commerciaux bilatéraux et multilatéraux, comme ceux liant les Etats-Unis et le Chili, ou avec les pays d’Amérique Centrale et la République Dominicaine. «Le message porte sur les emplois, la démocratie, l’honnêteté et un gouvernement ouvert», a déclaré le président qui se rend pour la première fois dans la région depuis sa réélection en novembre 2004. «Une bonne politique étrangère commence dans son voisinage», a-t-il ajouté.

Le président Bush, affaibli sur le plan intérieur par une série d’affaires politico-judiciaires affectant la Maison Blanche ou des responsables du parti républicain, et la montée des oppositions à la guerre en Irak, commencera sa tournée en Argentine, où il restera du 3 au 5 novembre. Il participera au sommet des Amériques qui réunit 34 dirigeants de ce continent et rencontrera le Président argentin Nestor Kirchner.

Il se rendra ensuite au Brésil, du 5 au 6 novembre, pour rendre visite au président Luiz Iniacio Lula da Silva, avec lequel il s’est entretenu lundi au téléphone, puis au Panama du 6 au 7 novembre où il rencontrera le président Martin Torrijos Espino. Le président américain espère aussi faire la promotion d’autres sujets qui lui tiennent à coeur, réduction du trafic de drogue, immigration illégale ainsi que l’isolement politique du Président vénézuélien Hugo Chavez qui critique ouvertement l’administration Bush et sa politique, ont indiqué des responsables.

Au Brésil, le président américain espère convaincre le président Lula de l’aider à faire pression sur l’Union Européenne pour parvenir à des réductions plus importantes sur les taxes d’importation des produits agricoles, un des points de dissension dans les négociations de l’OMC. Le Brésil, les Etats-Unis, l’Australie et l’Inde ont critiqué l’Europe avant les négociations prochaines prévues en décembre sur le cycle de Doha.

«Le Brésil est un joueur important pour Doha. Il mérite le respect non seulement des Etats-Unis et de l’Union Européenne, mais aussi des pays qui vont ou pas le suivre» a-t-il dit. «Quand le Brésil parle, les gens écoutent avec attention», a-t-il ajouté. Le président Bush a également souligné que bien que «plus qu’heureux» d’aider l’Argentine à faire face à sa crise avec le Fonds monétaire international (FMI), Washington ne participerait pas à une future négociation. «Il me semble que la meilleure politique est que le gouvernement argentin agisse directement avec le FMI, sans l’intervention des Etats-Unis comme intermédiaire» a-t-il dit. Enfin, M. Bush a déclaré qu’il était ravi de «voir le canal» pour sa première visite au Panama.