Le président américain George W. Bush a juré de venger les milliers de victimes des terribles attentats qui ont frappé New York et Washington tout en s'efforçant de rassurer ses compatriotes et le monde sur la solidité des institutions et de la puissance de l'Amérique.

Parlant sur un ton grave du bureau ovale de la Maison Blanche, M. Bush a confirmé l'ampleur du désastre qui a pétrifié l'Amérique, après que des commandos suicide eurent réussi à s'emparer d'avions de ligne, transformés en bombes volantes lancées contre deux des plus grands symboles de l'Amérique.

Leur premier objectif, les deux tours géantes du World Trade Center de New York, symbole du capitalisme américain, ont été réduites à un amas de ruines. Et à Washington, le Pentagone, symbole de la puissance militaire américaine, a été sévèrement endommagé.

266 passagers se trouvaient à bord des quatre avions utilisés par les terroristes. 40.000 personnes travaillaient au World Trade Center.

"Des milliers de vies ont soudain été fauchées par des actes de terreur maléfiques et méprisables (...) ces actes meurtriers à grande échelle étaient destinés à effrayer notre nation en la plongeant dans le chaos et le repli. Mais ils ont échoué", a affirmé M. Bush, visiblement marqué par l'énormité de la tragédie.

"J'ai donné l'ordre pour que toutes nos ressources en matière de renseignement et de de police s'attèlent à retrouver les responsables et à les traduire en justice. Nous ne ferons aucune distinction entre les terroristes qui ont perpétré ces actions et ceux qui les protègent", a-t-il ajouté.

Le président, qui traversait sa première grande épreuve un peu plus de huit mois de pouvoir, s'est visiblement efforcé de rassurer non seulement ses compatriotes, rivés toute la journée à leurs télévisions en contemplant des images d'horreur, mais également le reste du monde, qui a constaté que les Etats-Unis, malgré toute leur puissance, restaient immensément vulnérables au terrorisme, même sur leur sol national.

"Les attentats terroristes peuvent secouer les fondations de nos immeubles les plus hauts, mais ils ne peuvent pas ébranler les fondations de l'Amérique. Ces attaques brisent l'acier, mais ne peuvent entamer l'acier de la détermination américaine", a déclaré M. Bush.

Le président a également souligné que les institutions financières américaine "restent solides et que l'économie américaine va tourner également normalement. Et il a assuré que tous les services gouvernementaux rouvriraient mercredi matin comme en temps normal.

Dans la soirée, des responsables de la Maison Blanche se sont employés à souligner que le président avait parfaitement contrôlé la situation, malgré l'impression très vive de flottement ayant marqué cette journée sans précédent.

M. Bush se trouvait en déplacement en Floride pour parler d'éducation lorsque qu'il a été prévenu de la première tragédie. Il avait interrompu ce déplacement après une brève déclaration à la presse pour exprimer son émotion et sa volonté de ne pas laisser ces attentats impunis. Il était ensuite parti vers une destination inconnue à bord de son avion "Air Force One".

Ce n'est qu'en fin de matinée que l'Amérique avait appris que M. Bush se trouvait en "terrain sûr", sur une base militaire de Louisiane, d'où il était reparti en début d'après midi pour le centre de commandement stratégique américain d'Offutt au Nebraska.

Selon son porte parole, Ari Fleischer, M. Bush a tenu alors un premier conseil de sécurité par télé-conférence avec ses principaux conseillers. Il a retrouvé dans la soirée les mêmes collaborateurs, dont le vice-président Dick Cheney, les secrétaires d'Etat et de la Défense, Colin Powell et Donald Rumsfeld, sa conseillère pour la sécurité nationale Condoleezza Rice et le directeur de la CIA George Tenet pour un second conclave, à la Maison Blanche.