Calme précaire en attente des résultats

Calme précaire en attente des résultats
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Publié le - Mis à jour le

CORRESPONDANCE À KINSHASA

Sur le boulevard du 30 Juin, au centre d'affaires de Kinshasa ou au rond-point de la Victoire de Matonge, des petits vendeurs continuent à diffuser les feuillets photocopiés qui donnent déjà les vainqueurs de l'élection présidentielle du 30 juillet dernier. Pourtant, les premiers résultats partiels et «plus officiels» commencent seulement à être affichés dans les 62 Centres locaux de compilation des résultats (CLCR), qui rassemblent les bulletins des 50 000 bureaux de vote de tout le pays.

Mercredi, une dizaine de CLCR avaient publié ces résultats, notamment dans quatre villes de l'Est (Goma, Beni, Kindu, Kalemie) où le président sortant, Joseph Kabila, vient largement en tête, et dans trois villes de l'Ouest (Boma, Songololo, Muanda), où Jean-Pierre Bemba réalise des beaux scores.

Dans la capitale, où Bemba est très populaire, la tension a baissé dans la rue, après les appels lancés par le CIAT (Comité international d'accompagnement de la transition) et la Monuc, ainsi que les mises en garde de la Force de l'Union européenne (Eufor). Mais les discussions restent vives dans les quartiers chauds de la capitale congolaise, où la nervosité affleure.

Invectives

Autour des points de vente des journaux, partisans de Kabila et de Bemba s'invectivent. Ceux du président sortant crient déjà à la victoire. «On vous avait prévenus qu'il n'y aurait pas match», exulte l'un d'eux. «Ne nous entre-tuons pas. Nous allons vous récupérer.» La rumeur répandue par le camp présidentiel affirme, en effet, que des négociations seraient en cours pour que Bemba soit Premier ministre dans le futur gouvernement.

Dans le camp des pro-Bemba, la réplique fuse. «C'est de la manipulation. Si Bemba cède au chantage des Blancs, nous allons nous-même régler ce problème...», tempête Force Mike (sic), qui n'admet pas que l'Est, qui a connu la guerre et des mouvements massifs de déplacement des populations, représente 45 pc de l'électorat total. Au centre-ville, à la place de la Grande Poste, les partisans de Bemba, nombreux, sont particulièrement remontés à l'égard de l'Eufor, dont le commandant a lancé une sévère mise en garde à ceux qui contesteraient «de manière violente» les résultats. «C'est la Cour suprême de justice qui doit trancher en cas de contestation», fait observer Bungu Joachin David, un fonctionnaire venu toucher son salaire. «Pourquoi l'Eufor nous intimide-t-elle en nous demandant d'accepter les résultats sans les contester?»

Le Centre de compilation de Kinshasa/Renapi, qui traite les votes de 8 518 bureaux, n'a pas encore livré les résultats, annoncés pour dans 3 ou 4 jours. Mais Kitoko Issa, un des superviseurs, a sa petite idée. «La cause est entendue, suggère-t-il du bout des lèvres. Car les observateurs internationaux, qui étaient nombreux au début, sont presque tous partis...» Sous-entendu: au profit du pouvoir...

© La Libre Belgique 2006

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