Le groupe pharmaceutique Sanofi Pasteur MSD / Merck & Co n'aura donc pas attendu la Conférence européenne sur le cancer (ECCO), qui se déroule à la fin du mois à Paris, pour dévoiler les premiers résultats d'une étude au stade des essais cliniques de son vaccin contre le cancer du col de l'utérus.

Il faut dire que les enjeux sont de taille alors que les laboratoires GlaxoSmithKline sont également dans la course. A l'annonce de la bonne nouvelle, le titre Merck n'a d'ailleurs pas tardé à flamber en bourse.

Il faut aussi reconnaître, au bénéfice des patientes, que les résultats diffusés sur le site du groupe américain s'avèrent plus qu'encourageants, ce qui pourrait bien accélérer la mise sur le marché du produit baptisé Gardasil, alors que l'autorisation devrait être introduite d'ici à la fin de l'année auprès de la Food & Drug Administration.

Plus qu'encourageants est peu dire puisque le groupe a annoncé qu'un de ses vaccins expérimentaux était efficace à 100pc contre la forme la plus commune de cancer du col de l'utérus, provoqué par des infections sexuellement transmissibles dues à certains papillomavirus. Le principe de ce vaccin, qui en est au stade des essais cliniques, est simple. Fabriqué par manipulation génétique, le Gardasil empêche la formation du cancer en bloquant deux virus transmissibles sexuellement, le HPV 16 et le HPV 18 qui ensemble sont à l'origine de 70pc de ce type de tumeurs.

L'étude a porté sur 12167 femmes sexuellement actives, âgées de 16 à 26 ans, vivant aux Etats-Unis et dans douze autres pays. Elles n'étaient pas infectées par un de ces virus. La moitié a reçu trois doses de Gardasil et l'autre groupe, un placebo.

Résultats: au bout de 17 mois en moyenne, toutes les femmes du premier groupe étaient indemnes alors que 21 femmes du second groupe étaient atteintes par les deux virus ou présentaient soit un cancer soit des lésions pré-cancéreuses.

© La Libre Belgique 2005