Le Premier ministre Charles Michel craint que l'issue des élections au Royaume-Uni, où les conservateurs ont perdu leur majorité absolue, ne facilite pas les négociations sur le Brexit. "Avec ces résultats, nous ne pouvons pas dire que nous allons faire face à un leadership fort", a-t-il déclaré vendredi à l'agence Belga.

"Nous respectons le choix des électeurs britanniques. Mais pour être franc, cela ne rendra pas les négociations sur le Brexit plus faciles", a-t-il estimé.

La Première ministre conservatrice Theresa May avait convoqué ces élections législatives anticipées en comptant obtenir une majorité renforcée pour négocier la sortie de l'Union européenne. "Tout le monde a compris que l'objectif était d'obtenir un leadership fort dans la perspective des négociations, mais les résultats ne vont pas dans ce sens, au contraire", analyse M. Michel.

Le chef du gouvernement fédéral demande rapidement de la clarté aux Britanniques, soulignant que l'Union européenne est prête à négocier et que la Commission dispose d'un mandat clair. "Nous sommes en état de négocier, mais pour ce faire, nous avons aussi besoin d'un partenaire de l'autre côté de la table. Nous attendons donc de savoir quel sera le projet du nouveau gouvernement britannique."

La Belgique entend jouer un rôle actif dans les discussions avec Londres. "Les relations économiques avec la Grande-Bretagne sont en effet très importantes, notamment en ce qui concerne l'emploi et les investissements", poursuit le Premier ministre. "Je vais donc tout faire pour défendre nos intérêts économiques."

M. Michel se refuse par ailleurs à envisager un échec des négociations entre l'UE et les Britanniques. "Je ne spécule pas sur cela. Je vais négocier loyalement dans la perspective d'obtenir des accords", conclut-il.