Une enquête a été ouverte à Paris après 1 appel au meurtre contre Charlie Hebdo lancé par un élu pakistanais.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur un appel au meurtre lancé début février par un député pakistanais contre le journal satirique Charlie Hebdo, a-t-on appris lundi de source judiciaire. Ce député et ancien ministre des Chemins de Fer, Ghulam Ahmed Bilour, avait affirmé au sein du Parlement le 2 février qu'il offrirait 200.000 dollars de prime à celui qui tuerait le "propriétaire" de Charlie Hebdo, selon le site internet du journal pakistanais The Express Tribune.

Selon l'article, il promettait aussi 100.000 dollars de compensation pour les familles de Cherif et Saïd Kouachi et d'Amédy Coulibaly, auteurs des trois attaques à Paris du 7 au 9 janvier et tués par les forces de l'ordre. Ces attaques ayant visé Charlie Hebdo, une policière municipale et une épicerie casher ont fait 17 morts.

Après l'attentat contre le journal satirique, qui a fait douze morts le 7 janvier, l'hebdomadaire avait publié un numéro "des survivants" avec en Une une nouvelle caricature de Mahomet, provoquant des manifestations dans plusieurs pays musulmans.

Selon la source judiciaire, cette enquête préliminaire a été ouverte pour "provocation directe à des actes de terrorisme en utilisant un service de communication au public en ligne" et "menaces de mort en relation avec une entreprise terroriste". Les investigations ont été confiées à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

La délégation de l'Union européenne au Pakistan avait dénoncé les propos du député.

En septembre 2012, Ghulam Ahmed Bilour, alors ministre, avait déjà promis depuis son fief de Peshawar (nord-ouest) 100.000 dollars à celui qui tuerait le réalisateur du film taxé d'islamophobie "L'innocence des musulmans". Son appel avait entraîné une vague de condamnations officielles, y compris par son parti, l'Awami National Party (ANP).