L'ex-maire de New York Michael Bloomberg, très engagé dans la lutte contre le réchauffement climatique, a assuré vendredi que les Etats-Unis tiendraient leurs engagements de réduction des gaz à effet de serre malgré le climato-scepticisme de l'administration Trump.

"Ceux qui pensent que l'administration Trump mettra fin au leadership américain sur le changement climatique font la même erreur que ceux qui pensent qu'elle va redonner du travail aux mineurs, en surestimant la capacité de Washington à peser sur les marchés énergétiques", affirme le milliardaire dans une tribune publiée dans le New York Times.

Selon lui, avec ou sans les politiques environnementales passées par Barack Obama qu'a promis de réexaminer Donald Trump, "la moitié des centrales au charbon du pays avaient déjà prévu de fermer ou de basculer sur des sources d'énergie plus propres", sous la pression des consommateurs qui préfèrent des énergies moins polluantes et la compétitivité croissante d'énergies propres.

Introduit par le démocrate Barack Obama, le "Clean Power Plan" devait notamment imposer aux centrales thermiques de réduire leurs émissions.

"Même en supprimant totalement le "Clean Power Plan", nous serions en mesure de tenir nos engagements de l'accord de Paris, soit de réduire d'ici 2025 nos émissions de gaz à effet de serre de 26% par rapport au niveau de 2005", selon Michael Bloomberg.

Certaines politiques fédérales sont non-modifiables, souligne-t-il encore, comme les normes de réduction de consommation de carburants pour les voitures fixées jusqu'en 2021. De plus, les grandes villes, qui représentent les deux-tiers des émissions américaines, et de nombreuses entreprises privées se sont engagées à poursuivre leurs efforts de réduction, dans leurs propres intérêts et sans aucune incitation de Washington, fait-il valoir.

Prétendre que les Etats-Unis ne vont pas tenir leurs engagements est selon lui d'autant plus contre-productif que cela "donne aux autres pays un prétexte pour ne pas tenir les leurs," dit-il.

Si Donald Trump a promis le renouveau du charbon et commencé à revenir sur les initiatives Obama sur le changement climatique, il n'a pas encore dit si les Etats-Unis allaient se retirer de l'accord de Paris, par lequel plus de 190 pays se sont engagés fin 2015 à réduire le réchauffement. Sa décision sur ce point est attendue "d'ici fin mai", selon son porte-parole.