Le Premier ministre malaisien a confirmé, ce samedi matin, la thèse d'un changement de cap délibéré. C'étaient initialement les Américains qui avaient évoqué cette piste, affirmant que le vol MH370 avait volé pendant plusieurs heures après son dernier contact radio. Plusieurs heures durant lesquelles l'avion a donc disparu des écrans radar. Une réalité qui nous semble impensable en 2014, à l'heure de l'hypersurveillance mondiale, mais qui est pourtant loin d'être le fruit d'une manœuvre extrêmement complexe, comme l'a expliqué Behrouz Shahabpour, pilote de ligne, ce samedi au micro de Bel RTL.

"C'est presque assez simple" explique le pilote au moment de détailler la démarche: " Vous avez un transpondeur, un équipement qui transmet en permanence votre position et votre altitude. En désactivant cet équipement avec un simple switch on/off, vous disparaissez instantanément de l'image radar secondaire. Mais on vous détecte encore, on détecte un point non identifié sur les radars." Reste donc à accomplir la deuxième partie du plan de disparition: la descente. "Si vous descendez à une altitude assez basse, ce point disparait aussi, donc vous disparaissez des écrans radar." 

C'est donc si simple? En fait, cela dépend des endroits, explique Shahabpour: "Il y a des zones sur la planète où l'on est très peu contrôlé. On est très contrôlé quand on est dans une zone près d'un aéroport, mais quand on est en croisière dans des zones très peu denses, c'est un rapport de position toutes les vingt minutes et un contrôleur qui tient à l’œil votre avion pendant ce temps-là."

C'est donc sur la piste de ces zones peu fréquentées que les recherches devraient se rediriger dans les heures qui viennent, comme l'a expliqué ce matin le Premier ministre malaisien, qui a évoqué des couloirs aériens peu fréquentés pour établir qu'au bout de sept heures de vol, l'avion pouvait être "au Kazakhstan, Turkménistan, nord de la Thaïlande ou dans un couloir au sud allant de l'Indonésie au sud de l'Océan Indien." Vu la taille de ce périmètre, le Boeing 777 s'apparente décidément à une petite aiguille dans une fameuse botte de foin.