La "scène du crime" est largement détruite à la cathédrale - et encore inaccessible tant que la stabilisation du bâtiment n’aura pas été assurée. Cela n’empêche pas une cinquantaine d’enquêteurs de la brigade criminelle de la police judiciaire (PJ) de Paris de chercher à comprendre comment le feu a pris à Notre-Dame.

Selon le journal Le Monde, une trentaine d’ouvriers de sociétés qui participaient à la restauration de la charpente, d’agents de sécurité et d’employés ont déjà été auditionnés.

Trois hypothèses sont encore sur la table : un acte involontaire (type négligence), un accident technique (type court-circuit), voire un sabotage, bien qu’aucun élément ne vienne étayer cette troisième piste. Selon Le Parisien, le feu aurait pris à la base de la flèche auprès de laquelle un échafaudage électrifié avec ascenseurs et éclairage aux néons avait été installé.

Une, puis deux alertes

La prudence reste de mise car l’enquête n’est qu’à ses débuts.

L’entreprise Le Bras Frères, qui montait l’échafaudage autour de la flèche, a "exclu" mercredi "toute responsabilité" dans l’incendie qui a ravagé l’édifice, expliquant que les procédures de sécurité avaient été respectées.

"Quand on quitte un chantier on doit couper toute l’électricité, le disjoncteur du chantier, fermer la porte à clef et remettre les clefs à la sacristie de la cathédrale, ce qui a été fait et dûment noté dans les cahiers", a assuré le porte-parole de l’entreprise. "Le dernier a quitté les lieux à 17 h 50 (soit une heure avant le déclenchement de l’incendie, NdlR) et le premier à 17 h 20", descendant "par les deux ascenseurs qui desservaient l’échafaudage", a-t-il détaillé.

Une chose est sûre, cependant : il y a eu une première alerte incendie de type informatique à 18 h 20. D’après des informations livrées par son collègue au contrôle, un agent de sécurité de la cathédrale s’est rendu par l’un des ascenseurs à un endroit des combles où aucun feu ne s’était déclenché. La seconde sonnerie, une demi-heure plus tard, l’a conduit au bon endroit, mais le feu avait déjà pris de l’ampleur.

Faute de pouvoir examiner l’édifice de près, des photographes de la PJ étaient à pied d’œuvre dès mardi matin. Des drones seront aussi utilisés.