Miguel Arias Cañete est attendu au tournant ce mercredi soir à Bruxelles. Le commissaire européen désigné à l’Energie et à l’Action pour le climat figure aux rangs de ceux que les eurodéputés promettent d’étriller.

Né en 1950 à Madrid, ce conservateur espagnol a été éduqué chez les jésuites, avant d’obtenir son diplôme de Droit dans une université publique. Il est marié à Micaela Domecq y Solís-Beaumont, fervente chrétienne qui lui a donné trois enfants, cultivée, andalouse et de lignée aristocratique. Selon le quotidien "La Razón", Micaela est la femme "calme et noble" d’un homme "volcanique".

A 24 ans, il est devenu avocat de l’administration, pour ensuite travailler dans la délégation du ministère des Finances à Cadix. Cañete a été échevin à Xères (Jerez de la Frontera), député régional au parlement régional d’Andalousie et président de la commission budgétaire du Sénat. Deux fois député national à Madrid, il fut aussi deux fois ministre de l’Agriculture et de la Pêche; une biographie non autorisée raconte que, pendant la crise de la vache folle, il apparaissait à la télé "très tôt le matin, mangeant de la viande de manière compulsive".

Son entourage le décrit comme "très sympa" et enclin au populisme. Elu plusieurs fois au Parlement européen (1986-1999), il a présidé les commissions de la Pêche et de la Politique régionale. Il a reçu les éloges du Premier ministre conservateur Mariano Rajoy : "C’est un excellent avocat des intérêts espagnols à Bruxelles." Ce qui n’est, soit dit en passant, pas exactement ce qu’est censé faire un commissaire européen.

Des casseroles

Miguel Arias Cañete traîne plusieurs casseroles potentielles. Il est soupçonné de népotisme, bien qu’il se soit abstenu plusieurs fois de participer à des conseils de ministres pour éviter d’être accusé de favoriser les lobbies familiaux. Il est entrepreneur agricole et éleveur, tandis que la famille de son épouse élève des taureaux "bravos", destinés aux corridas.

Greenpeace l’a accusé en 2012 de privatiser les plages grâce à une loi sur le littoral tolérante pour le béton privé. Il a renoncé récemment à ses actions dans des entreprises très polluantes de vente de combustible pour bateaux. Des entreprises pétrolières liées à Miguel Arias Cañete ont aussi reçu des concessions jugées suspectes par les médias.

Sa phrase fameuse, lors d’un débat, sur sa "supériorité intellectuelle" face à une "femme sans défense", candidate socialiste, n’a rien révélé de sa personnalité. En 2000, il avait déjà expliqué que l’arrosage devait "être utilisé, comme les femmes, avec beaucoup d’attention. On peut très facilement s’égarer."