Il est annoncé pour ce jeudi. Pour s’entendre ou pour gagner du temps ?

Notre appui va à la Cenco (Conférence des évêques du Congo), dont la médiation est vraiment la dernière chance", a indiqué mercredi Renier Nijskens, envoyé spécial de la Belgique pour les Grands Lacs, qui intervenait lors d’une conférence sur le Congo organisée à Bruxelles par l’Eurac (réseau européen d’ONG pour l’Afrique centrale).

Mercredi soir, on s’attendait à ce que les efforts de la Cenco permettent l’ouverture à Kinshasa, ce jeudi, d’une rencontre entre la majorité présidentielle, la minorité issue de l’opposition qui s’y est ralliée (toutes deux ont signé, le 18 octobre, un accord pour maintenir Joseph Kabila en place jusqu’à une présidentielle reportée à avril 2018, en échange d’un Premier ministre issu de cette opposition complaisante) et le Rassemblement de l’opposition.

Quinze personnes de chaque camp doivent se retrouver pour aboutir à un compromis évitant l’affrontement qui se profile à l’horizon, en raison de l’obstination du président Kabila à se maintenir en place au-delà de la fin de son dernier mandat constitutionnel, ce 19 décembre.

Des embûches "surmontables"

"La mission de bons offices de la Cenco bute sur de nombreuses embûches, mais elles sont surmontables", a dit à Bruxelles, mercredi, le premier secrétaire général adjoint de la Cenco, l’abbé Donatien Nshole.

Selon les informations recueillies par "La Libre Belgique", le but de la réunion de Kinshasa est d’aboutir à un avenant à l’Accord du 18 octobre, acceptant un maintien à la présidence de M. Kabila après le 19 décembre, en échange de l’engagement de tous à ce que présidentielle et législatives nationales aient lieu en 2017 et à ne pas réviser la Constitution entre-temps.

Le Rassemblement a, on le voit, fait d’importantes concessions - ce qui n’est pas le cas du président Kabila qui a, jusqu’ici, joué uniquement la carte de la répression. M. Kabila subit cependant des pressions de la communauté internationale et de ses voisins (Luanda et Brazzaville surtout) pour éviter que le Congo tombe dans une nouvelle spirale de violence. Des observateurs n’excluent pas qu’il n’ait accepté la réunion "de la dernière chance" que pour gagner du temps et passer le cap du 19 grâce à l’espoir qu’elle suscite, sans rien concéder.